Une chute vite rattrapée. En baisse de 2,15% la semaine précédente, le
Cac 40 (Paris: actualité) a rebondi de 2,38% à 5.078,04 points cette semaine, grâce à cinq séances consécutives de progression. Résistant à une nouvelle flambée du pétrole, à un nouveau record de 127,82 dollars, et à une actualité toujours difficile dans le secteur financier, le marché a surtout été rassuré par de bonnes surprises sur le front des statistiques américaines, et par la résistance des entreprises à la faiblesse de la
conjoncture.
Encore en croissance au premier trimestre (+0,6%), l’économie américaine a donné de nouveaux signes de résistance cette semaine. Le moral des ménages à ses plus bas de 28 ans en mai (59,5 contre 62 attendu), la hausse des ventes au détail hors
automobile au mois d’avril, de 0,5% contre +0,2% attendu, a dès lors rassuré. Des chiffres qui s’expliquent en partie par les promotions lancées par les détaillants pour profiter des chèques du Trésor reversés aux ménages américains, dans le cadre du plan de relance de l’administration Bush. En parallèle, et sur fond de flambée continue des cours du pétrole, les prix au détail ont continué de monter à un rythme soutenu mais contenu. En avril, ils ont ainsi progressé de 0,2%, soit +0,1% hors énergie et alimentation, là où les économistes avaient craint une hausse de 0,3% et de 0,2%. En rythme annuel, l’inflation reste néanmoins proche de 4%, et de 2,3% abstraction faite de ses éléments les plus volatils. Par ailleurs, quelques bonnes nouvelles ont également soutenu les secteurs clefs de l’immobilier et de la finance. Dans une
note d’études publiée en cours de semaine, Aurel Leven mettait en avant les premiers signes de détente des taux courts américains. En fin de semaine, la presse américaine affirmait que le Sénat s’apprête à boucler un plan de soutien au secteur
immobilier.
De ce côté-ci de l’Europe, l’actualité statistique a également été rassurante. Grâce à de bonnes surprises en Allemagne mais également en France, la croissance dans la Zone euro est ressortie à 0,7% au premier trimestre 2008, soit une performance sensiblement supérieure à celle de 0,5% espérée par le consensus. D’une année sur l’autre, la croissance s’est donc établie à 2,2% au premier trimestre. Après examen, les économistes ont toutefois souligné que cette performance est essentiellement attribuable à des éléments exceptionnels, et que le ralentissement de la croissance européenne devrait se faire sentir au deuxième trimestre. Dans le même temps, l’inflation en rythme annuel de la Zone euro est ressortie à 3,3%, soit +2,2% hors éléments volatils.
Du côté des sociétés, dix valeurs du Cac 40 ont publié leurs résultats ou chiffres d’affaires trimestriels cette semaine. Parmi elles, les quatre bancaires du Cac 40 : BNP Paribas (Paris:
FR0000131104 -
actualité) , Crédit Agricole, Dexia (Brussels:
DEXB.BR -
actualité) et Société Générale. En dehors de l’indice phare, Natixis (Paris:
FR0000120685 -
actualité) a également fait le point sur ses comptes à mi-parcours. Si toutes ont été touchées par la crise des marchés financiers au cours des six premiers mois de 2008, certaines ont agréablement surpris en dévoilant des comptes supérieurs aux attentes. C’est notamment le cas de
BNP Paribas (+3,8%) et
Natixis (+4,9%). La première a publié un bénéfice net en baisse de 21%, là où le marché attendait un repli de 33%, et la seconde a dévoilé un profit net de 69 millions d’euros contre une perte de 80 millions anticipée par les analystes. Celles qui ont le plus déçu sont
Crédit Agricole (-9,4%) et
Dexia (-5,9%). La
banque franco-belge a enregistré une charge de
risque de 236 millions d’euros nettement supérieure aux attentes, dont près de 200 millions de pertes imputables à sa
filiale américaine de rehaussement de crédit FSA. Quant à la banque verte, elle été particulièrement chahutée par les analystes après l’annonce d’une
augmentation de capital massive de 5,9 milliards d’euros et de résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Enfin,
Société Générale (-1%) a publié un profit net meilleur qu’attendu, mais gonflé par des éléments exceptionnels. La crise des marchés aura également des conséquences sur le plan social. Crédit Agricole et Natixis ont toutes deux annoncé des réductions d’emplois.
Les autres publications de la semaine ont, elles, largement rassuré les investisseurs, à l’image de
Vinci (Paris: FR0000125486 - actualité) (+5,8%), dont les ventes trimestrielles ont dépassé les attentes et dont le carnet de commandes affiche un rythme de croissance soutenu, de
Vivendi (Paris: FR0000127771 - actualité) (+6,3%), dont les résultats à mi-parcours ont été un peu meilleurs que prévu, et de Bouygues (+8,2%) qui a publié un chiffre d’affaires du premier trimestre dans le haut de la fourchette de prévisions des analystes. Le titre du groupe diversifié dans la construction et les télécoms-médias a également profité des informations du
Canard Enchaîné sur la constitution d’un pôle nucléaire français. L’hebdomadaire évoque un scénario de fusion entre Areva (Paris:
FR0004275832 -
actualité) et Alstom (Paris:
FR0010220475 -
actualité) , via un
holding de tête qui serait contrôlé à hauteur de 35% par Bouygues (Paris:
FR0000120503 -
actualité) .
Malgré un contexte économique plus difficile, le numéro deux mondial de la
distribution Carrefour a renouvelé ses prévisions annuelles et prend 3,2% sur la semaine. Enfin,
ArcelorMittal (Amsterdam: NSCNL0001MT7.AS - actualité) a présenté des comptes globalement conformes au consensus et prévoit de procéder à une revalorisation des prix de ses produits plats au carbone en Europe. Sur cinq jours, le titre du sidérurgiste gagne 5,9%. La situation est un peu plus contrastée pour EADS (Paris:
NL0000235190 -
actualité) . Si le groupe d’aéronautique et de défense a déçu en début de semaine en annonçant un nouveau décalage dans les livraisons de l’A380, cette mauvaise nouvelle a été éclipsée dès le lendemain par l’annonce de résultats trimestriels supérieurs aux attentes et la confirmation des objectifs 2008. En variation hebdomadaire, le titre
EADS bondit de 8,8% et signe la deuxième meilleure performance de l’indice derrière
Capgemini (+9,4%).