Assurance-vie : vers une nouvelle baisse du rendement en 2009
(1) rendement moyen net de frais de gestion. (2) une fois l'inflation défalquée.
"L'impact de la baisse des marchés boursiers a été relativement faible pour les assureurs-vie en 2008", fait valoir Bernard Le Bras, PDG d'ACMN Vie. Pourquoi ? Parce que, par le jeu de certaines règles comptables, les assureurs n'ont pour l'essentiel pas encore provisionné leurs moins-values sur les actions. La réglementation leur impose de le faire, quand les titres qu'ils détiennent sont durablement et fortement dépréciés : "quand ils ont perdu au moins 30% pendant six mois", explique Guillaume Leroy, actuaire associé chez Winter. Or, les marchés ont véritablement trébuché fin septembre. "Du coup, poursuit Guillaume Leroy, en décembre 2008, au moment de la clôture des comptes, les assureurs n'ont pas eu à provisionner leurs moins-values boursières, parce que les six mois réglementaires n'étaient pas passés".
En supposant que le provisionnement soit nécessaire, de combien cela affectera-t-il le rendement de l'assurance-vie en euros ? Tout dépend du montant d'actions détenu et de la durée de détention des titres envisagée. "Sur un portefeuille classique, les assureurs-vie ont rarement plus de 10% d'actions", dit Guillaume Leroy et cela pourrait donc ne représenter quelques centimes de rendement _ significativement moins de 1%.
Cela pourrait passer relativement inaperçu si dans le même temps les performances des investissements en obligations des assureurs n'étaient pas, eux aussi, orientées à la baisse. Les actifs des assureurs sont souvent investis à plus de 85% en obligations. Or, leur rendement s'érode depuis 25 ans. Au 31 décembre 1999 par exemple l'OAT à 10 ans (obligation d'Etat) offrait un rendement de près de 5,50%, contre 3,40% seulement au 31 décembre 2008. Du coup, les sommes que les assureurs placent actuellement sur les obligations d'Etat sont moins bien rémunérées, ce qui au final fait baisser l'ensemble de leur portefeuille. En 2008 par exemple, le rendement moyen de l'assurance-vie en euros a été de 3,90%, quand, depuis début de l'année, les obligations d'Etat à 10 ans (OAT 10 ans) offrent une rémunération inférieure à 3,70%... Heureusement et c'est toute la différence entre l'assurance-vie et une Sicav, à côté de ces obligations récentes, les assureurs en possèdent de plus anciennes, mieux rémunérées, ce qui permet d'amortir plus largement la baisse.
Une chose est sûre, ce n'est pas la part d'immobilier que possèdent les assureurs (souvent moins de 5% de leurs actifs) qui vont améliorer la donne en 2009...Mireille Weinberg. Les Echos.