Le plan américain de réforme de la régulation financière devrait être dévoilé mercredi, après un semestre entier de discussions. L'administration Obama promet déjà une meilleure protection pour les consommateurs et les investisseurs. En particulier, le programme devrait durcir les exigences de liquidités et capitaux pour les grandes entreprises, avec une attention particulière portée aux Groupes "d'importance systémique" pouvant causer des dommages collatéraux conséquents en cas de défaillance. Ces derniers feraient l'objet d'une surveillance accrue des autorités, en particulier de la Fed. Le plan devrait aussi requérir plus de transparence de la part des émetteurs de produits financiers adossés à des actifs, et limiter l'influence des
agences de notation financière.
Globalement, le package augmenterait donc considérablement la supervision à Wall Street, et le contrôle des grands Groupes "interconnectés".
Les propositions de l'administration Obama doivent franchir l'étape du Congrès. Tim Geithner, Secrétaire US au Trésor, témoignera dans ce but jeudi devant les législateurs américains. Geithner qui soutient à la fois la libre concurrence et la régulation accrue. Sur ce dernier point, le caractère aigu de la récente crise financière motive sans aucun doute l'administration en place, désireuse de renforcer les contrôles, dans un pays comptant 8.000 à 9.000 banques ! Geithner juge qu'il est urgent de réformer avant même que l'économie des Etats-Unis ne sorte de la récession.
Mercredi, Barack Obama dévoilera donc les détails de ce projet visant la supervision des banques et institutions financières. Tim Geithner, s'exprimant ce jour lors d'un sommet Time Warner (NYSE: TWX - actualité) sur l'économie, souligne que le système était fondamentalement "trop fragile et instable", ce qui s'est traduit par un mauvais travail de protection des consommateurs et investisseurs. Il s'agirait donc de mieux centraliser la régulation de ce système afin de le rendre "plus fort", plus fiable, et de mieux identifier les responsabilités.
Les propositions devraient accorder à la Fed, la Banque Centrale américaine, de plus amples pouvoirs pour superviser et contrôler les plus grandes entreprises financières du marché. De plus, une nouvelle agence gouvernementale serait créée, dans l'esprit de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), afin de protéger les consommateurs en supervisant les produits financiers les concernant. Les institutions financières les plus importantes seraient contrôlées, en termes de liquidités et capitaux, par un groupement de dirigeants de la Fed. Après la crise subprime, des règles strictes de reporting devraient être édictées pour les produits financiers adossés à des actifs (asset backed securities), afin d'éviter une répétition des débordements ayant déjà largement contribué à la crise sur le segment mortgage. Geithner, ainsi que le dirigeant du National Economic Council, Lawrence Summers, pensent tous deux que la crise immobilière a aussi mis en évidence la faible protection des consommateurs. Les propositions de l'administration devraient donc également tenter de solidifier cette protection.
Autre point crucial : le plan devrait créer une option exceptionnelle visant à la liquidation ordonnée de compagnies financières "trop importantes pour défaillir" (too big to fail). Il s'agirait là d'éviter deux solutions extrêmes : le plan de sauvetage gouvernemental, ou à l'autre extrémité l'effondrement financier.