La Commission spéciale du Sénat a proposé, dans le cadre du projet de loi sur le crédit à la
consommation, l'étude de la mise en place d'une "centrale des crédits aux particuliers", c'est-à-dire un fichier positif. Il s'agit de ficher tous les crédits de tous les ménages français. Or, un tel fichier est inefficace pour prévenir le mal endettement ou le surendettement, comme le montre l'expérience des pays où un tel système a été mis en place, selon la Fédération Bancaire Française.
Aucune exception n'existe : même en Belgique, exemple souvent cité, où les dossiers de surendettement ont augmenté de 70% depuis la création d'une centrale des crédits aux particuliers en 2003. Cela tient au fait que le fichier positif favorise généralement le développement d'offres agressives de crédit.
Selon la Banque de France, dans environ 9 cas sur 10, la cause du surendettement n'est pas liée à un recours excessif au crédit mais à une baisse de revenus provoquée par un accident de la vie (chômage, divorce, santé). Par ailleurs, les premiers indicateurs réels de fragilité d'un ménage sont généralement les impayés du type loyer, électricité, impôts...qui n'apparaissent pas dans un fichier positif, sauf à ce que celui-ci recense tous les éléments de la vie des Français. C'est pourquoi, la CNIL, le CCSF, de nombreuses associations de consommateurs et les professionnels du crédit responsable se sont opposés à l'instauration d'un fichier positif en France.
Rappelons enfin, qu'avant d'accorder un prêt, une banque procède à une analyse de la solvabilité, c'est-à-dire de la capacité du client à rembourser son crédit dans le temps. C'est ce qui caractérise la distribution responsable du crédit par les banques françaises. Dans plus de 98% des cas, un crédit à la consommation est remboursé sans incident.