La Maison blanche a souligné que les rémunérations à Wall Street devaient se fonder sur une estimation raisonnable du risque et ne pouvaient pas renouer avec les pratiques spéculatives qui prévalaient avant la crise financière de l'an dernier.
Robert Gibbs, le porte-parole de la présidence américaine, réagissait à des informations selon lesquelles les bonus des établissements financiers seraient repartis à la hausse.
Le Wall Street Journal a calculé que Wall Street se préparerait à verser cette année 140 milliards de dollars en salaires, primes et autres avantages, soit davantage qu'en 2008 (117 milliards) mais aussi qu'en 2007 (130 milliards).
Le Congrès américain s'apprête à ouvrir une enquête sur les rémunérations des dirigeants des entreprises ayant bénéficié du secours de l'Etat.
Le président de la commission de la Chambre des représentants chargée de la supervision et de la réforme du gouvernement, Edolphus Towns, l'a annoncé mercredi à l'issue d'une audience sur les primes versées par l'assureur AIG. Parmi les autres entreprises concernées figurent Bank of America, Citigroup, General Motors , Chrysler, Chrysler Financial et GMAC.
Le juriste nommé pour superviser ces rémunérations, Kenneth Feinberg, sera entendu dans deux semaines par la commission.
Ce dernier pousse AIG à réduire les fortes primes que l'assureur se dit contraint de verser pour conserver son personnel, selon un rapport de l'organe supervisant le plan TARP (Troubled Asset Relief Program) de sauvetage des institutions financières.
Feinberg a informé la direction d'AIG qu'une partie de ces bonus de 198 millions de dollars devait être réduite, sans en préciser le montant chiffré.
"Il ne semble pas juste que les personnes à l'origine de cette tragédie soient si richement récompensés", a déclaré Edolphus Towns lors de l'audience sur AIG.
La commission a estimé que le département du Trésor avait mal supervisé les pratiques de rémunération d'AIG. Ce problème avait été mis en lumière en mars dernier quand il était apparu qu'AIG versait 165 millions de dollars de primes après avoir reçu près de 180 milliards de dollars de l'Etat pour se sortir d'une situation précaire.
A l'époque, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner avait publiquement endossé la responsabilité de cette faille mais des élus du Congrès continuent de s'interroger sur ses actions.
"Il n'a pas su quand il aurait dû savoir", a déclaré Darrell Issa, un membre républicain de la commission.
Rachelle Younglai, Steve Holland, version française Jean-Stéphane Brosse