(AOF) - Fortis (Amsterdam:
FOO.AS -
actualité) perd 1,06% à 16,77 euros après avoir annoncé une baisse plus marquée que prévu de son
bénéfice trimestriel. Cette contre-performance s'explique par des dépréciations supérieures aux attentes, qui masquent les gains générés par le rachat d'une partie d'ABN Amro (Amsterdam:
ABAGB.AS -
actualité) . Le groupe belgo-néerlandais a vu son bénéfice trimestriel chuter de 31% à 808 millions d'euros, contre 1,09 milliard d'euros attendus.
Le groupe a enregistré une charge de 380 millions d'euros en raison de son exposition aux crédits "subprimes" et une de 132 millions concernant les coûts d'intégration induits par la fusion.
Contrairement aux attentes, ce sont les activités d'assurance qui ont connu le plus fort repli. Avec un bénéfice net de 219 millions d'euros, elles s'inscrivent en repli de 38% par rapport au premier trimestre 2007. La crise du marché du crédit a provoqué une charge nette de 149 millions d'euros dans cette branche.
L'activité ®Banque¯, elle, a généré un bénéfice net de 721 millions d'euros, en baisse toutefois de 20%, compte tenu de l'impact de 231 millions de dépréciations sur le portefeuille de crédits structurés.
®Les temps restent très difficiles, comme l'a reflété la nouvelle dégradation des marchés financiers dans la seconde moitié de mars 2008¯, a déclaré Jean-Paul Votron, le directeur général du groupe, qui prévoit encore des mois difficiles. ®Nos résultats du premier trimestre témoignent clairement de l'efficacité de notre stratégie, a-t-il cependant ajouté, qui repose sur une présence marquée dans le Benelux, une région historiquement très porteuse en matière de crédits et caractérisée par une faible volatilité des revenus¯.
Les trois premiers mois de l'année ont été marqués par la poursuite de l'intégration d'ABN Amro, qui a contribué au résultat net à hauteur de 319 millions d'euros. Au cours de l'année, l'ancienne banque néerlandaise va continuer de se fondre dans Fortis. Jean-Paul Votron a rappelé que les activités de gestion d'actifs ont été transférées au sein du groupe au début du mois d'avril et que les activités retail, commercial \& corporate et de banque privée allaient suivre prochainement.
M.S
(AOF) EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR Finance - Assurance Les assureurs européens semblent, pour le moment, épargnés par la crise des crédits ® subprime ¯ en affichant des expositions modérées. Néanmoins les investisseurs s'inquiètent des conséquences à plus long-terme de cette crise sur les performances des assureurs. Swiss Re (Virt-X: RUKN.VX - actualité) , leader mondial de la réassurance, a déjà comptabilisé 1,2 milliard de francs suisses de dépréciations d'actifs en raison de son exposition aux dérivés de crédit. En assurance-vie, toute la question est de savoir si les cotisations vont poursuivre leur décrue en 2008. L'attrait des produits d'épargne liquide (tels que le livret A, les comptes à terme ou les sicav monétaires) de même que la prochaine banalisation du livret A, poussent la FFSA à tabler sur une stabilité voire une légère diminution du marché cette année.
Finance - Banques La crise des crédits à risques américains n'a pas fini d'influencer les résultats des banques européennes. En effet, selon certains analystes, celles-ci pourraient encore avoir à déprécier plusieurs dizaines de milliards d'actifs en 2008. De nouvelles provisions pourraient également fragiliser à nouveau les banques américaines. Sur le dernier trimestre 2007, le taux de défaut des consommateurs a bondi de 35,2% - la plus forte hausse en vingt-quatre ans - pour atteindre 1,4% de l'encours total des crédits. Dans cet environnement à risque, les banques centrales sont intervenues pour la troisième fois : la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque Centrale Européenne, la Banque Nationale Suisse, la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre se sont associées pour injecter des liquidités sur les marchés financiers. Un plan de 200 milliards de dollars a été mis en place pour endiguer le regain de tensions sur les taux d'intérêt du marché monétaire.