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Economie : voilà la seconde vague de plans de relance
mar 13 jan, 11h22  Envoyer par mail  Envoyer via Y! Messenger  Blog via Yahoo! 360  Imprimer

Plusieurs grandes nations industrialisées ont choisi d'enfoncer le clou dès le début 2009. En Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, les plans de relance initiaux se doublent désormais de mesures additionnelles parfois plus richement dotées encore. C'est le cas outre-Rhin. Après avoir refusé de se lancer dans une politique budgétaire expansionniste comme ses voisins, Angela Merkel a dû se rendre à l'évidence : le champion mondial de l'export a été sévèrement rattrapé par la crise. En novembre dernier, l'Allemagne avait déjà annoncé un premier train de mesures comprenant des prêts, un soutien aux ménages et la relance de la politique d'infrastructures, le tout pour une enveloppe de 32 Milliards d'Euros. Rien de bien révolutionnaire, au contraire, mais une politique qui a fait ses preuves par le passé. La coalition de la chancelière a décidé de mesures additionnelles totalisant 50 Milliards d'Euros sur deux ans, passant en particulier par un accroissement des dépenses de construction (écoles, routes... etc.), des réductions d'impôts et une politique en faveur des familles. Indépendamment, l'Etat a prévu de fournir 100 Milliards d'Euros de garanties de crédit en soutien aux entreprises du pays. Finalement, les mesures budgétaires allemandes atteindront 82 Milliards d'Euros sur un peu plus de deux ans, soit au final l'effort le plus important de tous les pays Européens, malgré les réticences initiales.

Les Etats-Unis ne sont pas en reste : Barack Obama, qui sera intronisé officiellement Président le 20 janvier, a indiqué qu'il souhaitait disposer de "munitions" dès son investiture. En conséquence, il a appelé GW Bush pour lui demander de contribuer à débloquer la seconde moitié des fonds mobilisés par le plan "TARP" de 700 Milliards de Dollars. Lequel s'est rapidement exécuté : l'actuel Président a officiellement déposé une demande au Congrès pour que les 350 Milliards de Dollars restant à utiliser soient rendus disponibles. Mais Obama s'est déjà démarqué de l'équipe d'administration précédente en indiquant qu'il entendait "modifier fondamentalement" la façon dont le plan a été utilisé et régi jusque-là. Il critique notamment la faible transparence dans l'utilisation des fonds, et le manque d'efficacité des mesures pour des pans stratégiques de l'économie comme l'immobilier et le crédit à la consommation. L'essentiel de la première dotation de 350 Milliards de Dollars a en effet été utilisé à sauver les banques du pays et à organiser le démantèlement d'AIG. Le promoteur et artisan de TARP, Henry Paulson, a encore estimé la semaine dernière qu'une partie au moins de la seconde tranche devait aller à nouveau vers le secteur financier. Un avis que ne semble donc pas partager celui qui va bientôt passer du statut de "Président élu" à celui de "Président en fonction", qui devrait réorienter l'utilisation des fonds et contrôler plus efficacement leur utilisation. Il est question également de limiter plus sévèrement les rémunérations des dirigeants et de veiller à ce que les dividendes ne dérivent pas dans la finance, du moins avant que les sommes injectées par le contribuable n'aient été reconstituées. Le plan de relance préliminaire concocté par Obama et son équipe économique serait pour l'heure doté de 775 Milliards de Dollars sur deux ans.

Plus proche de nous, la Grande-Bretagne est enferrée dans une crise qui dépasse apparemment ce que subissent les autres grandes nations Européennes. La réactivité de Gordon Brown, dont le plan de sauvetage a inspiré les politiques de nombreux pays, lui avait permis de remonter en flèche dans l'opinion de ses administrés. Mais l'état de grâce est terminé. Hier, le Premier Ministre a indiqué qu'il dévoilera dans le courant de la semaine des mesures additionnelles en faveur du crédit, car les actions de soutien aux banques menées jusque-là ont échoué à le relancer. Jusque-là, le gouvernement de Sa Majesté a dépensé, ou prévu de le faire, 70 Milliards de Livres Sterling (environ 77 Milliards d'Euros), dont 50 Milliards par injection dans les institutions financières du pays, et 20 Milliards dans le cadre d'un plan de réductions d'impôts. Il aura cependant fort à faire pour convaincre du bien-fondé de sa stratégie, d'autant que l'opposition britannique est particulièrement virulente depuis quelques semaines. Une publicité télévisée de 20 secondes en faveur des Conservateurs de David Cameron met en scène un bébé sur une musique enfantine, et se termine sur ces mots "Thanks to Labour Debt Crisis, every child in Britain is born owing 17.000£", soit en substance "Grâce à la dette de crise du Labour, chaque petit britannique naît en devant 17.000 Livres Sterling".

Le plan français, rappelons-le, est doté de 26 Milliards d'Euros sur deux ans. Il comprend un train de mesures en faveur des grands travaux d'infrastructure, des achats d'automobiles, de l'accélération des remboursements aux entreprises ou de réductions d'impôts et des aides directes aux ménages les plus affectés. Là encore, les choix politiques sont plutôt classiques. Paris a également injecté 10,5 Milliards d'Euros dans plusieurs banques du pays, somme qui pourrait être doublée rapidement, selon les déclarations de Nicolas Sarkozy et de Christine Lagarde. Le Président français a également trouvé "excellente" l'idée allemande de créer un fonds de soutien au crédit des entreprises. Mais pour l'heure, la France n'a pas mis en place de seconde vague de mesures, du moins officiellement. Patrick Devedjian, en charge de l'application du premier plan, a indiqué dimanche lors du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI "avant de penser à un deuxième plan de relance, il faut réussir celui qu'on met en oeuvre". Le Ministre a prévu de dépenser les trois-quarts des 26 Milliards d'Euros en 2009. Mais la porte est loin d'être fermée : "s'il faut faire plus, nous le ferons", a concédé Devedjian.


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