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Assurance-vie : un rendement qui devrait baisser moins que prévu
Les marchés actions se comportent beaucoup mieux depuis les plus bas de mars. Les assureurs n'en détiennent pas beaucoup dans leurs portefeuilles, mais au moins la hausse récente leur évitera peut-être d'avoir à passer des provisions pour dépréciation durable, provisions qui viennent impacter directement le rendement de l'actif et donc du contrat d'assurance-vie qu'il représente. "Ces provisions seront cependant calculées en fin d'année et leur niveau dépendra donc de celui des marchés ... en fin d'année", précise Odette Cesari, directeur des investissements d'AXA France, qui constate cependant une amélioration depuis la fin 2008.
Mais les assureurs-vie ont surtout les yeux rivés sur le comportement des marchés obligataires, puisque les obligations composent l'essentiel de leur portefeuille (75% à la MACSF, 85% chez AXA France). L'assurance-vie n'est cependant pas une Sicav et son rendement ne reflète pas instantanément celui des marchés obligataires. Une partie seulement de ce portefeuille obligataire se renouvelle tous les ans et est donc investie sur le marché, aux taux du marché. "Chez AXA France la durée de vie moyenne du portefeuille obligataire est de 7 ans. Ce portefeuille obligataire se renouvelle donc année après année de un septième. C'est cette part qui sera investie cette année et qui profitera des conditions actuelles du marché obligataire ", explique Odette Cesari. Conclusion : quand la rémunération des obligations baisse, le taux de rendement de l'assurance-vie aussi, mais dans des proportions moins importantes, puisque une partie seulement du portefeuille est renouvelé.
Par ailleurs, les obligations émises par les entreprises privées ont elles aussi réservées de belles opportunités d'investissement pour les assureurs. Arcelormital a lancé une émission notée BBB+ à 7,75%, Renault une autre notée A- à 8,20%, Saint Gobain une autre notée BBB+ à 6,10%, etc. "Nous sommes très prudents sur les signatures, puisque nous détenons les obligations longtemps. Nous avons surtout investi sur des valeurs défensives, pour nous assurer qu'il n'y aurait pas de dégradation pendant la durée de vie de l'obligation", explique Odette Cesari. La plupart des assureurs, pour les mêmes raisons, réagissent de la même manière. "Les obligations privées que nous avons sélectionnées offraient un rendement de 5%, ce qui permet, malgré tout, de maintenir le rendement de notre portefeuille obligataire", dit-elle.
L'an dernier avec un Livret A à 4% net et un rendement très élevé pour les placements à court terme (conséquence de l'inversion de la courbe des taux : les placements courts étaient plus rémunérateurs que les placements longs !), l'assurance-vie, même à
3,90% de rendement moyen net , n'était pas à la fête. Tout change en 2009 : la courbe des taux a repris sa physionomie normale, entraînant une chute des rendement des placements à court terme. Depuis le 1er février en effet, le taux du Livret A a été ramené à 1,75%. Les autres livrets réglementés et tous les placements à court terme ont suivi (Sicav monétaires, comptes à terme, etc.).Dans ces conditions, les assureurs sont beaucoup plus optimistes. L'amélioration des conditions de marché observée depuis mai (et décrites ci-dessus), va certainement éviter une chute brutale des rendements de l'assurance-vie, mais elle n'inversera peut-être pas la tendance. A la MACSF qui a servi un rendement net de 4,65% en 2008, Hervé Bouclier parie sur "une baisse légère du rendement pour 2009, mais beaucoup moins forte que si les conditions de marché ne s'étaient pas redressées". Mais, même avec une légère baisse du taux, l'assurance-vie offrira en 2009 "un gain de pouvoir d'achat bien supérieur à celui de l'inflation, du Livret A ou des placements à court terme", conclut-il.MIREILLE WEINBERG, Les Echos
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