La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a affirmé samedi que les
banques françaises n'avaient pas besoin d'argent public actuellement, et que des "propositions pionnières" seraient sûrement faites dimanche lors de la réunion des responsables de l'eurogroupe à Paris.
Interrogée en duplex de Washington par France-Info, Mme Lagarde a déclaré qu'"en l'état actuel de la situation, (...) il n'y a aucune raison" d'injecter de l'argent public dans les banques françaises.
De la réunion du G-7 (Etats-Unis, Japon, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Canada) vendredi soir à Washington, la ministre a dit retenir surtout "la détermination de tous les pays, y compris les Etats-Unis, le Canada et le Japon, à ne laisser tomber aucun établissement financier".
Les Etats-Unis envisagent ainsi de recapitaliser leurs banques en prenant des participations. "C'est la première fois que les Etats-Unis prennent un engagement de cette nature" et "c'est une mesure très importante car le système bancaire est sous-capitalisé actuellement", a souligné Mme Lagarde.
"Je n'aurais jamais imaginé qu'en l'espace de quelques semaines l'ensemble des banques d'investissement disparaisse de la place financière, je n'aurais jamais imaginé que le gouvernement américain, républicain de surcroît, investisse au capital de ses banques, je n'aurais jamais imaginé un tel appétit de régulation et un tel souhait de l'intervention de l'Etat dans le domaine financier", a remarqué Christine Lagarde.
De la réunion de l'eurogroupe dimanche à Paris, la ministre escompte "des propositions pionnières". "Je suis certaine que la réunion de l'eurogroupe va à nouveau ouvrir de nouvelles voies et peut-être apporter des clarifications", ajoute-t-elle.
"Depuis le G-4 (France, Grande-Bretagne, Italie et Allemagne), on voit vraiment beaucoup moins de chacun pour soi", a-t-elle poursuivi, assurant que "c'est même objectif, ce sont les mêmes principes qui sont appliqués dans chacun des plans mis en oeuvre" dans les différents pays de l'Union européenne. "Cette approche européenne se manifeste sur le terrain de manière différente parce que les terrains sont différents", a insisté Mme Lagarde.
Quant à recapitaliser les banques européennes, "je suppose que c'est une des pistes", a-t-elle estimé, ajoutant cependant que les banques françaises, comptant "parmi les plus capitalisées", ne se trouvaient pas dans ce cas. "En l'état actuel de la situation, ce n'est pas nécessaire, ça n'est pas demandé par les banques, donc il n'y a aucune raison."
Pour Christine Lagarde, "les marchés sont sensibles à des actions concertées, cohérentes et globales. C'est ce qu'on est en train de former comme approche". AP
st