Bonus, spéculation, patrons arrogants un an et demi après sa banqueroute, le secteur financier a déjà renoué avec ses mauvaises habitudes. Pressé par l'opinion publique, Barack Obama s'attaque au chantier de la régulation bancaire. Il faut dire que les mesures prises jusqu'ici n'ont pas réglé les problèmes de fonds souligne David Karsbøl, chef économiste de Saxo Bank, qui plaide pour une réglementation stricte. Ce libéral convaincu estime qu'il faut nettoyer pour de bon le bilan des
banques et faire payer davantage les actionnaires.
Capital.fr : Un an et demi après la faillite de Lehmann Brothers, dans quel état se trouve les banques américaines ?
David Karsbøl : Aux Etats-Unis, beaucoup de banques sont tout simplement insolvables. Une grande partie des prêts immobiliers qu'elles ont accordée ne seront jamais remboursés : de nombreux propriétaires, dont la valeur du logement est désormais inférieure au montant du crédit, préfèrent abandonner leur maison. Ce phénomène pourrait encore s'amplifier : les ménages plutôt aisés qui se sont endettés à partir de 2005 - c'est-à-dire quand les prix étaient au plus haut - risquent de subir une hausse du taux d'intérêt de leurs prêts l'an prochain. En effet, les conditions de remboursement de ce type de prêts hypothécaires, dits Alt-A, sont révisés tous les cinq ans et non tous les deux ans, comme c'est le cas pour les subprime. Cette hausse à venir des défauts de paiements s'ajoutera à ceux sur les autres types de crédits : étudiants, à la consommation, aux entreprises
Capital.fr : La situation des banques européennes est-elle plus enviable ?
David Karsbøl : Difficile à dire. En Europe, les établissements financiers se sont davantage assurés de la solidité financière des emprunteurs. Mais, ils sont beaucoup plus endettées : leurs dettes représentent, en moyenne, 60 fois le montant de leurs capitaux propres, contre 40 fois outre-Atlantique. Le risque de perte est donc très important en cas d'augmentat... lire la suite de l'article sur Capital.fr