Pour le patron d'
EADS (Paris: NL0000235190 - actualité) , Louis Gallois, "c'est en 2010 qu'on pourra vraiment juger de la profondeur et de la durée de la crise". Dans un entretien accordé à 'La Tribune', le dirigeant confirme que cette année Airbus devrait livrer au moins autant d'appareils qu'en 2008 (483 avions) tandis qu'Eurocopter est en ligne avec ses prévisions. Il juge cependant que les efforts de sécurisation d'activité sur les premiers mois de 2010 sont "encourageants", et écarte "à ce jour" une décision de baisse des cadences de production sur les familles A330 et l'A320. Louis Gallois botte en revanche en touche concernant l'A380 en soulignant que le groupe ne s'est pas encore donné d'objectif pour 2010.
Sur le front des commandes d'Airbus, le président d'EADS ne fait pas de mystère : il juge l'objectif de 300 unités brutes "très ambitieux". "Il n'y a pas de redémarrage dans les prises de commandes qui annoncerait la vraie fin de la crise", explique-t-il au quotidien financier, en ajoutant que la situation d'Eurocopter est "plus difficile". Par ailleurs, Louis Gallois estime que l'A400M a "une chance sérieuse de voler avant la fin de l'année", mais reste prudent compte tenu des soucis qu'a eux l'avion jusque-là. Sur un autre épineux dossier, celui du contrat des avions-ravitailleurs américains, le dirigeant réaffirme sa détermination d'aller jusqu'au bout, une fois que l'appel d'offre sera relancé, "dans le courant du mois de septembre".
Enfin, le patron d'EADS indique que son conseil n'a pas saisi de projet d'acquisition pour l'heure, dans la défense ou d'autres secteurs d'intérêt comme les services ou l'espace. "La protection du cash reste notre priorité, mais nous avons une certaine marge de manoeuvre", conclut-il dans 'La Tribune'.