PARIS (AFP) - La Cour des Comptes épingle Aéroports de Paris (Paris:
FR0010340141 -
actualité) (
ADP), gestionnaire de Roissy-Charles de Gaulle, Orly et du Bourget sur la qualité des services, dans un rapport rendu public mercredi.
"La qualité du service reste insuffisante à ADP malgré certaines améliorations", observe-t-elle à propos du gestionnaire partiellement privatisé en 2006, mais dont l'Etat reste l'actionnaire majoritaire.
Et "les hausses tarifaires consenties par l'Etat sur les redevances payées par les passagers n'ont pas eu comme contrepartie une amélioration suffisante de la qualité de service", ajoute-t-elle.
ADP n'a pas commenté le rapport de la Cour des Comptes. Sur 2006-2010, ADP a et va investir 2,7 milliards d'euros pour moderniser les installations, augmenter la capacité de ses terminaux avec 20 millions de passagers en plus et améliorer la qualité de services.
Dans son rapport, la Cour remarque que "de nombreux points noirs persistent comme la facilité de circulation à l'intérieur des terminaux, l'information donnée aux passagers, la gestion des files d'attente, le rapport qualité/prix des boutiques et des bars/restaurants".
Egalement dans son collimateur: "Les conditions de passage des contrôles transfrontières de la police aux heures d'affluence, les conditions de transport de passagers par autobus entre les avions et les aérogares lorsque les avions ne sont pas directement accessibles".
Une partie des difficultés rencontrées par ADP dans l'atteinte et le maintien d'une qualité de service satisfaisante, notamment dans la propreté, a des origines structurelles, détaillent les auteurs du rapport.
"Dans plusieurs terminaux de Roissy-CDG, notamment les plus anciens, le parti pris architectural initial a été de ne pas implanter de blocs sanitaires dans les espaces départ. Il s'est révélé difficilement soutenable", constatent-ils.
Dans les classements internationaux des grands aéroports, ADP a longtemps figuré en queue de peloton, ont aussi observé les sages de la rue Cambon.
Pour améliorer la qualité des services, la Cour "recommande à ADP de renforcer le suivi des marchés de sous-traitance" --qui assure par exemple la propreté. Elle préconise une "mobilisation à tous les niveaux hiérarchiques, par exemple par une extension de la modulation des rémunérations, par une présence renforcée et continue au contact des passagers".
A l'attention de l'Etat, la Cour estime que "les méthodes de fixation des redevances et d'encadrement de leur évolution à moyen terme sont à perfectionner". "En matière de qualité de service, les objectifs poursuivis devraient être plus exigeants", ajoute-t-elle.
Tout en observant une amélioration de la situation financière d'ADP, avec un redressement des résultats et une diminution de son endettement, elle regrette que "l'intégralité du domaine foncier et immobilier ait été transférée en pleine propriété à ADP", lors de son introduction en Bourse.
"Ce choix prive l'Etat des avantages liés à la propriété de ces actifs sur le long terme", ajoute l'institution.
La Cour estime que l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle arrivera à saturation "entre 2020 et 2030", selon les prévisions d'augmentation du trafic. "Malgré les nombreuses incertitudes qui subsistent sur cette échéance, le devenir de cette plate-forme n'a pas encore fait l'objet d'une stratégie assumée et de choix clairs", observe-t-elle, interpellant l'Etat à prendre dès à présent les dispositions nécessaires.