La cote américaine reste sans tendance affirmée en pré-séance ce mardi, alors que les opérateurs attendent des nouvelles des grandes
banques US. Ainsi, la Fed pourrait donner les noms des établissements susceptibles de rembourser rapidement des fonds au gouvernement. Sur le front économique, on suivra à 16 heures les stocks de grossistes sur avril, selon le Département au Commerce.
D'après le Wall Street Journal, qui cite des proches du problème, le Trésor américain penserait maintenant être en mesure de récupérer le double des remboursements initialement espérés de capitaux du programme TARP provenant des grandes banques nationales. Ainsi, 50 Mds$ pourraient être remboursés par les banques, à en croire le WSJ. Des responsables du Département américain au Trésor pourraient par ailleurs annoncer aujourd'hui que neuf grandes banques ont obtenu l'autorisation gouvernementale pour restituer les fonds du Troubled Asset Relief Program. Le journal estime que les remboursements indiquent une amélioration supplémentaire de la situation du secteur bancaire, tout en ajoutant que de nombreuses banques pourraient encore avoir à accéder à certains programmes d'assistance, notamment auprès de la Fed.
Selon le Wall Street Journal, l'administration Obama désirerait que les banques européennes soient soumises à des tests de résistance plus rigoureux et publics, afin de s'assurer que ces établissements seront capables de tenir bon dans le cas d'une détérioration économique supplémentaire. Ainsi, le Secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, devrait soulever le problème en Italie cette semaine à l'occasion d'une réunion avec des Ministres des finances du G8. Rappelons que le "stress test" bancaire américain avait conclu qu'une dizaine de banques américaines avait besoin de lever 75 Mds$ de capitaux au total. De leur côté, les régulateurs européens ont expliqué vouloir conduire des tests sur les banques, confidentiels, en septembre.
La Cour Suprême américaine a bloqué, temporairement, la vente des actifs de Chrysler (Xetra: 710000 - actualité) après qu'un groupe de fonds de pension de l'Indiana a fait appel de la décision antérieure. Les fonds soutiennent que la vente de Chrysler à l'Italien Fiat est "inconstitutionnelle". Un porte-parole de la Cour a précisé hier soir que la vente restait dépendante d'une nouvelle injonction.
VALEURS DU JOUR
Texas Instruments (NYSE: TXN - actualité) , leader des semi-conducteurs pour l'industrie de la téléphonie mobile, a rehaussé lundi soir ses prévisions du second trimestre fiscal 2009. Ainsi, la firme de Dallas table désormais sur des revenus trimestriels entre 2,30 et 2,50 Mds$, contre une fourchette antérieure qui allait de 1,95 à 2,40 Mds$. TI prévoit un bpa de 14 à 22 cents, contre une fourchette antérieure d'estimations allant de 1 à 15 cents.
Prudential Financial a annoncé lundi soir avoir levé environ 2,4 Mds$ en actions et dette. Le Groupe a vendu 36,9 millions de titres ordinaires - à 39$ pièce - et finalisé par ailleurs une offre de dette senior de 1 Md$.
Quiksilver a publié hier soir, au titre de son second trimestre fiscal 2009 clos fin avril, un bénéfice net de 2,81 M$ et 2 cents par titre, contre 206,2 M$ de pertes, 1,59$ par action, sur le T2 2008 (qui comprenait près de 245 M$ de pertes sur opérations discontinues). Hors éléments non-récurrents, le bénéfice net aurait été de 5 cents par titre (6,6 M$) sur le trimestre clos, sur des ventes en déclin prononcé de 17% à 494,2 M$. En outre, le PDG Robert McKnight a confié hier ne pas observer encore d'amélioration de la tendance, avec des clients toujours aussi prudents et un "trend" de commandes au ralenti. Les ventes du 3ème trimestre sont attendues ainsi en recul de 15% environ. Enfin, Quiksilver précise qu'il recevra 150 M$ de prêt sur cinq ans de la part de la firme de private equity Rhône, tandis que le Californien a aussi sécurisé 200 M$ de facilité de crédit adossée à des actifs sur trois ans, afin de renforcer sa liquidité... Côté bonnes nouvelles, Quiksilver a étendu son accord de partenariat avec la légende du surf Kelly Slater.
Citigroup (NYSE: C - actualité) poursuit ses efforts pour renflouer ses fonds propres. La banque américaine a indiqué hier qu'elle lancera cette semaine son offre de conversion d'actions préférentielles en actions ordinaires, d'un montant de 58 Mds$. Si l'ensemble de ces titres sont convertis, l'Etat américain possèdera 34% du capital de la banque. Cette opération était prévue initialement en avril, dans la foulée des résultats des "stress tests", qui ont conclu que Citi avait besoin de 5,5 Mds$ de capitaux supplémentaires. Mais elle aurait été reportée de plusieurs semaines en raison d'un bras de fer avec la FDIC, l'organisme de garantie des dépôts bancaires, qui a fait pression pour un changement de l'équipe de direction de Citigroup.
Navistar a publié ce mardi, pour son second trimestre fiscal 2009, un bénéfice net en vif recul à 12 M$ et 16 cents par titre, contre 211 M$ et 2,88$ par action un an auparavant. Les ventes trimestrielles ont chuté à 2,8 Mds$ environ, contre 3,9 Mds$. Les coûts sur l'accord avec Ford Motor ont réduit les bénéfices de 31 M$ et 44 cents par titre. Sur l'exercice 2009, le Groupe table sur un bpa de 5,20 à 5,50$ comprenant l'impact de l'accord Ford, et un bpa de 2,80 à 3,10$ hors "effet Ford".
Procter & Gamble (NYSE: PG - actualité) fait l'actualité, alors que les rumeurs s'amplifient autour d'un changement de dirigeant. Selon le Wall Street Journal hier lundi, le Groupe pourrait nommer Robert McDonald en tant que futur chief executive officer, en remplacement d'A.G. Lafley. Le changement est anticipé de longue date, mais interviendrait donc rapidement à en croire le WSJ. McDonald affiche trois décennies de bons et loyaux services chez P&G, alors que Lafley dirige Procter depuis neuf ans. Lafley, 61 ans, resterait aux fonctions de Président du Conseil d'administration, tandis que McDonald, 55 ans, prendrait donc la direction opérationnelle. Le Conseil du Groupe doit se réunir ce jour, ce qui alimente d'autant plus les spéculations. Pour l'heure, McDonald est chief operating officer de Procter. Il avait été nommé à ce poste en juillet 2007.
Talbots (NYSE: TLB - actualité) . Le détaillant américain spécialisé en vêtements féminins a affiché au 1er trimestre fiscal une perte nette de 23,6 M$ et 44 cents par titre, contre un profit de 1,6 M$ et 3 cents par action l'an dernier. Les ventes sur le trimestre clos début mai ont corrigé à 306 M$, contre 415 M$, avec un déclin à magasins comparables de... 27% en glissement annuel. Talbots a par ailleurs annoncé hier lundi avoir accepté de vendre J. Jill à la firme de private equity Golden Gate Capital, pour 75 M$. Talbots prend de nouvelles mesures d'austérité face à la crise, et réduira ses effectifs de 20% dans le cadre d'un programme de réductions de dépenses de 150 M$. Enfin, le Groupe table, pour son second trimestre, sur une perte par action de 50 à 58 cents.