WASHINGTON (AFP) - Les Etats-Unis ont limité leur déficit commercial en mars, les exportations se maintenant à des niveaux historiques grâce au dollar faible, tandis que les importations, notamment pétrolières, diminuaient sensiblement.
Le déséquilibre commercial américain s'est élevé à 58,2 milliards de dollars en mars contre 61,7 milliards en février (-5,7%), a indiqué vendredi le département du Commerce.
Les analystes tablaient sur un "trou" de 61,3 milliards.
Cette amélioration s'explique par le maintien des exportations à des niveaux historiques et une baisse des importations dans des proportions inédites depuis décembre 2001.
"Alors que l'économie ralentit à un rythme de croissance inférieur à 1%, les exportations sont d'une importance critique pour soutenir l'emploi et la croissance", a noté la Représentante au Commerce (USTR), Susan Schwab, en se félicitant de cette performance, dans un communiqué.
Les exportations, dopées par la faiblesse du dollar par rapport à l'euro, à la livre et au dollar canadien, constituent désormais 12% du Produit intérieur brut américain, a-t-elle précisé.
Le commerce "va vraisemblablement ajouter 0,7 point de pourcentage à la croissance au premier trimestre et non pas 0,2", comme anticipé jusqu'alors, a calculé Nigel Gault, économiste de Global Insight.
"Le déficit obstinément profond du commerce accroît les risques de récession", nuance toutefois Peter Morici, professeur d'économie à l'université du Maryland (est). Ce déséquilibre "soustrait environ 250 milliards de dollars au PIB et ce montant pourrait doubler si le pays s'installe dans la récession", a-t-il calculé.
En mars, les importations ont diminué de 2,9% à 206,7 milliards de dollars tandis que les exportations baissaient dans une moindre proportion (-1,7%) à 148,5 milliards de dollars.
Les exportations marquent toutefois leur deuxième meilleur niveau historique, après le record enregistré en février (151,1 milliards de dollars). S'agissant des produits alimentaires et de boisson, la performance est inédite. Les autres catégories se sont repliées, notamment les avions civils, et les produits pharmaceutiques, mais ces secteurs sont très volatils soulignent les experts.
Les secteurs dans lesquels les importations ont le plus diminué sont les fournitures industrielles et les automobiles.
"Ce déclin va mettre sérieusement à l'épreuve les théories faisant état d'un découplage de l'économie mondiale", a jugé Stephen Gallagher, de la Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) : "une consommation moindre de produits étrangers aux Etats-Unis est de nature à peser sur la production et les exportations mondiales, malgré l'émergence des nouveaux marchés" (Brésil, Russie, Inde et Chine).
Le déficit de la balance pétrolière, de son côté, s'est réduit à 30,4 milliards de dollars après 32,2 en février, et ce en dépit d'un prix record à l'importation du baril en mars (89,85 dollars).
Mais "au cours des prochains mois, les pics récents des prix du brut vont creuser davantage le déficit général", a mis en garde Nigel Gault.
Le déficit avec la Chine a continué de se resserrer en mars (-12,4%) à 16,1 milliards de dollars, ce qui est le niveau le plus faible depuis mars 2006.
Il s'est en revanche creusé avec les pays dont la monnaie est plus forte que le dollar.
Celui avec l'Union européenne a bondi de 9,1% à 7,5 milliards et celui avec le Canada s'est maintenu à 6,5 milliards de dollars (+0,4%).
Les importations en provenance du Canada (29,3 milliards de dollars) et les exportations à destination de l'Union européenne (24,1 milliards) ont d'ailleurs atteint un niveau record.