Épargne salariale : la crise n'a pas créé de vent de panique
Dans la moitié des cas les entreprises interrogées ont constaté une baisse du nombre d'arbitrage des salariés (changement de support financier) et dans l'autre moitié une hausse. De son côté, Natixis Interépargne, partenaire du Club de l'épargne salariale, a constaté "une progression non significative des arbitrages de +7%", selon Dominique Coudert, directrice générale déléguée. "En moyenne sur 3 millions de comptes gérés, nous enregistrons 50.000 arbitrages par an. L'augmentation de 7% est faible d'autant que le nombre de comptes gérés a augmenté", explique-t-elle. Autrement dit, les salariés ont gardé la "tête froide".
Depuis cette année, le salarié peut, s'il le souhaite, obtenir immédiatement le paiement de sa participation, précédemment bloquée pendant 5 ans. S'il utilise cette faculté, la participation est soumise à l'impôt sur le revenu, alors qu'elle reste exonérée si elle est bloquée cinq ans. Avec la crise financière, les salariés en mal de pouvoir d'achat en ont-ils profité ? Pas vraiment. Selon l'enquête du Club de l'épargne salariale, les bénéficiaires de la participation ont continué, pour 66% d'entre eux, à la laisser bloquée (61% chez Natixis Interépargne). Comment expliquer une telle inertie ? "Le poids de l'habitude _ cela faisait 40 ans que la participation était bloquée -, a certainement joué, comme la volonté de conserver une épargne de précaution ou la fiscalité plus avantageuse attachée au blocage (exonération au bout de 5 ans)", selon Dominique Coudert.MIREILLE WEINBERG, Les Echos