Si Airbus dispose d'un gros carnet de commandes, qui lui garantit une activité soutenue à moyen terme, la filiale d'
EADS (Paris: NL0000235190 - actualité) a aussi de gros besoins. Doté d'une trésorerie conséquente, elle doit cependant faire face aux derniers ajustements du programme A380, aux dépassements de budget de l'A400M et aux coûts de développement de ses prochains appareils.
La future innovation est on le sait le long-courrier A350, après une genèse dans la douleur qui a vu l'avionneur changer ses plans initiaux sous la pression de ses clients potentiels. L'avion doit faire de l'ombre au futur B787 'Dreamliner', qui volera bientôt, mais aussi au B777, l'un des best-sellers de Boeing (NYSE: BA - actualité) ces dernières années. Or ses coûts de développement, même si Airbus est passé à la stratégie Boeing consistant à en faire supporter une partie par les sous-traitants, sont très importants. Selon deux sources bien informées citées par Bloomberg, le groupe basé à Toulouse chercherait à obtenir des avances de 3,6 Milliards d'Euros de la part de l'Europe et des pays impliqués dans Airbus. Cela représenterait peu ou prou 30% du coût de financement du projet, estimé à 12 MdsE.
Si cela se confirmait, une nouvelle passe d'armes aurait lieu entre américains et européens au sujet des aides d'Etat, alors que les deux parties s'opposent mutuellement en s'accusant de fausser la concurrence.
Au chapitre des mauvaises nouvelles potentielles pour EADS aujourd'hui, le patron du puissant loueur ILFC, Steven Hudvar-Hazy, a indiqué dans les colonnes du magazine allemand 'WirtschaftsWoche' à paraître qu'il s'interrogeait sur la suite à donner à sa commande de 10 A380. Affaire à suivre alors que l'appareil n'a pas encore subi d'annulations de commandes, ni du fait de la crise ni de son retard en terme de rythme de production.