PARIS (AFP) - La
Bourse de Paris a fini en recul jeudi, le CAC 40 (Paris:
actualité) cédant 0,39% dans un marché pénalisé par les nouveaux records du baril de
pétrole et par l'absence d'infléchissement dans le discours de la
Banque centrale européenne.
L'indice parisien vedette a perdu 19,73 points à 5.055,58 points, dans un volume d'échanges faible de 4,4 milliards d'euros, au lendemain d'un sommet jamais atteint depuis plus de trois mois. De nombreux opérateurs étaient absents en raison d'un jour férié en France.
Londres a fini en petite hausse de 0,16%, Francfort a abandonné 0,06% et l'Eurostoxx 50 (Zurich: actualité) 0,50%.
"Les marchés ont besoin de souffler après la hausse enregistrée depuis le sauvetage de Bear Stearns (NYSE: BSC - actualité) ", la banque d'affaires américaine, à la mi-mars, a expliqué à l'AFP un vendeur d'actions parisien, le CAC 40 ayant retrouvé mercredi son niveau de la fin janvier.
Les stratégistes d'ING ont rappelé, de leur côté, que ce récent mouvement de rebond reposait "sur des bases fragiles", les "prix élevés de l'alimentation et de l'énergie maintenant l'inflation à des niveaux élevés", ce qui "pèse sur l'inflation" et limite la marge de manoeuvre des banques centrales.
La Banque centrale européenne, tiraillée entre les craintes de dérapage des prix et la dégradation de la conjoncture, a d'ailleurs laissé comme attendu son principal taux directeur à 4%, pour le onzième mois consécutif.
Renforçant les attentes d'un statu quo prolongé, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a ensuite redit que la lutte contre l'inflation restait "l'objectif premier" de la banque centrale, à l'heure où le baril de brut touche de nouveaux sommets.
"Ce communiqué pourrait être un sérieux obstacle à toute reprise de l'euro" ont commenté les analystes de Commerzbank (Xetra: 803200 - actualité) , laissant présager une poursuite du raffermissement du billet vert, qui se maintenait jeudi sous les 1,54 dollar pour un euro.
BNP Paribas (Paris: FR0000131104 - actualité) (-1,25% à 68,89 euros), Natixis (Paris: FR0000120685 - actualité) (-2,27% à 11,20 euros) et Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) (-2,54% à 74,11 euros) ont pesé sur la tendance, dans le sillage de la dégringolade à Milan du titre Unicredit (Milan: UCG.MI - actualité) , après l'annonce par la première banque italienne de prévisions 2008 jugées décevantes.
Crédit Agricole (Paris: FR0000045072 - actualité) (-1,96% à 21,51 euros) a souffert, de surcroît, de la perte nette de 15,3 millions d'euros au premier trimestre de sa filiale grecque Emporiki, acquise en 2006.
Total (-0,93% à 53,79 euros), qui compose plus d'un huitième de la cote, n'est pas parvenu à soutenir le marché malgré le nouveau record établi jeudi par le baril de pétrole, qui a taquiné le seuil de 124 dollars à New York et a grimpé à 122,98 dollars à Londres.
Peugeot (Paris: FR0000121501 - actualité) (-1,20% à 45,33 euros) et Renault (-0,87% à 70,86 euros) ont réagi négativement à l'annonce, par leur concurrent japonais Toyota, que son bénéfice net subira cette année son premier recul en neuf ans à cause de la crise aux Etats-Unis et de la faiblesse du dollar.
Alstom (+3,17% à 150,59 euros) a signé la plus forte hausse du CAC 40, après avoir subi des prises de bénéfice mercredi qui faisaient suite à la publication de très bons résultats sur son exercice 2007/2008.
Eiffage (+0,65% à 58,54 euros) a grimpé grâce à un chiffre d'affaires en hausse de plus de 10% au premier trimestre.
- Euronext (CAC 40) (Le CAC 40 en direct)