Une page de l'histoire du Crédit agricole va se tourner, au printemps 2010. Le conseil d'administration de la banque coopérative convoqué mardi 10 novembre doit entériner, en même temps que les bons comptes du troisième trimestre, les départs, à cette échéance, de René Carron (67 ans), président depuis décembre 2002, et de Georges Pauget (62 ans), directeur général depuis 2005, ainsi que les noms de leurs successeurs.
Dans un environnement presque stabilisé après la crise financière, M. Carron sera remplacé, le 10 mai 2010, par Jean-Marie Sander (60 ans), l'actuel président de la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA). De son côté, M. Pauget cédera sa place dès mars, ainsi qu'il l'a décidé, sitôt les comptes annuels publiés, à Jean-Paul Chifflet (60 ans), le secrétaire général de la FNCA.
Ce passage de témoin ne constitue pas une réelle surprise, même si le secret avait été bien gardé et le suspense entretenu. Il avait, en effet, fait l'objet d'un accord politique dès la mi-2009 au sein du groupe décentralisé, entre l'exécutif et les caisses régionales, les principaux propriétaires du groupe. La légitimité du tandem Sander-Chifflet avait été jugée incontestable.
En fait, seul restait à fixer le calendrier précis du changement d'hommes, notamment, concernant M.Pauget, décider s'il partirait au même moment que M. Carron. C'est le choix qu'il fait, estimant son mandat accompli et la banque remise sur les rails, assainie et réorientée sur le financement de l'économie, après de mauvais investissements spéculatifs sur les marchés financiers.
REGRET
En juillet 2008, fragilisé par les pertes de la banque d'investissement Calyon, accusé d'avoir sous-estimé l'ampleur de la crise, M. Pauget avait dû redemander la confiance de son conseil d'administration. Il l'avait obtenue en échange de son engagement à mener à bien le redressement. Le Crédit agricole s'était ainsi épargné de justesse une grave crise de gouvernance.
A l'heure du départ, M. Carron affiche un bilan flatteur. Cet ancien agriculteur, parti d'une petite exploitation laitière en Savoie, a sorti le Crédit agricole de sa torpeur pour bâtir un groupe puissant. Il restera l'homme qui, en 2003, a ravi le Crédit lyonnais (devenu LCL) au nez de BNP Paribas et de la Société générale.En lire plus sur LeMonde.fr
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