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Rentrée timide, Passage à vide, renversement de conjoncture, changement d'allure.

lun 07 sep, 12h25
RENTREE TIMIDE ...Après deux mois de hausse qui ont permis au CAC40 de s'apprécier de +24% depuis début juillet et de surperformer le SP500, la rentrée s'est avérée plus timide. La semaine a connu une pause logique et bienvenue en cédant -2,56% à 3598,76 points  ramenant ainsi la performance annuelle à +11,8% et à -16,4% sur les douze derniers mois. Nonobstant, la consolidation demeure très modeste avec -2,6% sur le plus niveau atteint le 28 août sachant de plus qu'aucune exagération à la hausse n'a été commise et que les deux tiers du marché n'ont guère participé au mouvement concentré sur les valeurs financières et cycliques qui subissent des prises de bénéfices opportunes.   De son côté le SP500 a abandonné -1,2%, soit sa plus médiocre performance hebdomadaire depuis juillet, le conduisant à  une avancée annuelle ramenée à +12,5% pour -17,8% sur douze mois tout en ayant achevé le mois d'août en recul de -0,4%.... PASSAGE A VIDE ...Cette phase d'hésitation et de passage à vide s'est effectuée dans de très modestes volumes de transactions quotidiennes, inférieures à 3 Mds d'euros et s'est alimentée d'un regain de la volatilité.Parallèlement et comme à l'accoutumée en pareille circonstance les marchés de taux à long terme ont profité de l'aubaine avec des rendements en baisse, soit des cours en hausse. L'emprunt américain à 10 ans s'est établi à 3,34% (-11 points de base) et son homologue européen à 3,24% abandonnant quelque 90 points de base en un an.
Dans ce contexte, un fort sursaut de l'or supposé protecteur et défensif s'est produit et l'once à 989 dollars se situe à son plus haut niveau sur six mois au cours desquels elle a fluctué entre 930 et 960 dolllars. Sa hausse annuelle est de +13%  pour +24% sur douze mois, ceci en dollar qui lui s'est affaibli de -2,4% sur l'année et de -2,1% sur douze mois contre l'euro à 1,43. ... RENVERSEMENT DE CONJONCTURE ... Les informations économiques ( production industrielle, immatriculations, commandes industrielles, ventes de logements  et ratios de stocks/vente, là, aux seuls Etats-Unis) corroborent enfin les expectations des indicateurs précurseurs ou avancés. Ces derniers ont poursuivi leur redressement, comme l'ISM manufacturier américain revenu au plus haut de juin 2007 , début de la crise financière, après 18 mois de baisse. A 52,9 points il recouvre un retour à la croissance à un rythme supérieur à +2% l'an. Le PMI européen, quoique moins vaillant, donne la même orientation à 50,4 points même si la ventilation fait ressortir une forte hétérogénéité à l'intérieur de la zone euro qui profite des performances de l'Allemagne et de la France. Le PMI mondial est lui aussi repassé au-dessus de la barre des 50 points, frontière de la croissance, après 13 mois de baisse. L'Asie quant à elle a dépassé son pic antérieur à la crise mais donne quelques signes d'essoufflement appelant le relais d'un renouveau du commerce mondial. Face à celà, le "chaud-froid" de l'emploi ! En Europe le taux de chômage (9,5%) s'inscrit à un zénith depuis mai 1999, la France se situant à un niveau intermédiaire à 9,1%  retrouve le niveau atteint début 2006 et enregistre un malencontreux allongement de sa durée. Aux Etats-Unis les chiffres de l'emploi, quoique mitigés, ont plu aux investisseurs. Malgré un taux de chômage en hausse, à son plus haut depuis 26 ans et supérieur à celui de la France à 9,7%, les destructions d'emplois en août (-6,9 millions depuis décembre 2007) se sont situées à leur étiage sur un an avec, surtout, une contraction régulière et sensible illustrée par une division par deux par rapport à juillet 2009 et une diminution de la durée moyenne du chômage, le tout demeurant toutefois supérieur à la moyenne des précédentes récessions.  Face à ces données macro-économiques, le renversement de conjoncture est acté par de nombreuses instances internationales, comme le FMI,  l'OCDE et même la prudente BCE, qui réapprécient leurs perspectives d'activité pour l'année en cours qui demeure négative et pour la suivante qui renoue avec la hausse quoique modeste.... CHANGEMENT D'ALLURE. Si l'été a agréablement surpris, la hausse intervenue n'a cependant pas conduit à des valorisations exubérantes avec des ratios de capitalisation  de bas de cycle, donc élevés  par nature, de l'ordre de 15x, inférieurs à leur moyenne de long terme et bien plus bas que les 19,4x du bas de cycle 2002 .  La réalité de la reprise économique ne fait pas de doute même si elle s'avère bien de nature technique. Dans ces conditions la probabilité d'une très forte correction apparaît faible d'autant que le CAC40, rappelons-le, se situe encore en deçà de -16,4% de son  niveau du 4 septembre 2008 avant le séisme financier dû à la faillite de Lehman Brothers alors que l'aversion au risque a recouvré ses niveaux d'antan.Certes, le rythme et la linéarité de la hausse estivale ne pouvaient être extrapolés. Une fois les exagérations baissières gommées et le rattrapage effectué, le marché se doit trouver de nouveaux moteurs et sans doute un autre tempo. La consolidation présente devrait en offrir l'opportunité. Le retour de la croissance et ses implications sur les profits, secteur par secteur, devraient prendre le relais des ingrédients de hausse précédents tels, par exemple que la baisse des taux corporate et de l'aversion au risque. L'appréciation plus objective des perspectives de résultats devrait ainsi constituer un des moteurs principaux de la poursuite de la hausse des marchés, toujours justifiée, mais à une moins vive allure.A l'issue d'un accord a minima du G20 financier de Londres préparant celui de Pittsburgh, avant l'intervention de Barack Obama devant le Congrès sur son très controversé projet de réforme du système de santé ( estimé à 2500 Mds de dollars), Wall Street célèbre le Labor Day et raccourcit donc la semaine.  Peu de données économiques sont inscrites au calendrier (déficits jumeaux , indice de confiance du Michigan aux Etats-Unis, commandes industrielles, production industrielle en Allemagne et pour cette dernière en France) et peu de résultats d' entreprises y figurent non plus  pour animer la tendance, alors sans céder à la superstition des opérateurs qui redoutent les mois de septembre à la mauvaise réputation, le marché pourrait continuer à s'ébrouer.Patrick Leguil est Directeur de Recherche de Banque Leonardo.

Patrick Leguil est Directeur de Recherche de VP Finance.

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