ASTANA (AFP) - Le Kazakhstan, une ex-république soviétique d'Asie centrale riche en hydrocarbures et en minerais, veut rompre des contrats d'exploitation de matières premières dont les investisseurs n'ont pas respecté les conditions, a annoncé jeudi le Premier ministre Karim Massimov.
"Sur tous les gisements de ressources naturelles où les obligations contractuelles n'ont pas été respectées, en application de l'ordre du chef de l'Etat, ces contrats seront rompu et (les gisements) retourneront dans le giron de l'Etat", a déclaré M. Massimov lors d'une réunion au ministère de l'Energie.
Le chef du gouvernement n'a cependant pas indiqué quels accords étaient visés, alors que la plupart des majors occidentales disposent de gisements dans le pays.
Le ministre de l'Energie, Saouat Minbaïev, a annoncé que 97 contrats - non-spécifiés - avaient déjà été "rompus" et qu'une "note" avait été envoyée à 180 sociétés ayant commis des "infractions" en ne respectant pas les termes de leurs contrats, concernant notamment leurs investissements.
M. Massimov a indiqué que son annonce faisait suite au discours la veille du président Noursoultan Nazarbaïev devant le Parlement lors duquel il avait appelé à un "renforcement de l'influence étatique dans le secteur stratégique de l'énergie".
Le Kazakhstan a adopté en automne 2007 une loi lui permettant d'annuler ou de modifier tout contrat avec des investisseurs sur l'exploitation de matières premières si les intérêts économiques ou la sécurité nationale étaient menacés.
Astana avait alors menacé un consortium occidental exploitant le gisement pétrolier de Kashagan d'annuler leur contrat. Mais un compromis (augmentant la part de l'Etat kazakh dans le projet) est finalement intervenu en janvier.
Le Kazakhstan, numéro huit mondial en terme de réserves pétrolières dont le sous-sol regorge aussi de métaux, faisait jusqu'à peu figure d'exemple aux yeux des investisseurs étrangers.
Mais depuis cet été, Astana a haussé le ton contre les majors, condamnant notamment une entreprise contrôlée par le géant américain Chevron (NYSE: CVX - actualité) à plus de 300 millions de dollars d'amende pour non-respect de l'environnement.
Cette semaine, le géant kazakh du cuivre Kazakhmys (London: KAZ.L - actualité) a aussi annoncé le rachat pour 1,5 milliard de dollars d'une mine de charbon et de la principale centrale électrique du pays à l'américain AES (NYSE: AES - actualité) , qui était menacé d'une amende de 200 millions de dollars pour abus de position dominante.