Les pays de la zone euro ne sont pas encore disposés à avoir un siège unique au sein du Fonds monétaire international, ont déclaré lundi plusieurs ministres des Finances de la zone euro, dont Christine Lagarde.
"Nous avons eu un débat sur la structure de réforme de la gouvernance du FMI (...) Cette proposition n'a pas reçu une salve d'applaudissements", a dit à la presse le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
"Le débat est lancé et nous y reviendrons pour les semaines et mois à venir", a-t-il ensuite ajouté à l'issue de la réunion des ministres des Finances des pays partageant la monnaie unique, où la question était à l'ordre du jour.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, principal avocat de la proposition, a quant à lui considéré qu'il s'agissait du "meilleur moyen d'avoir une défense claire et forte de nos intérêts".
"Nous avons un accord pour dire que c'est un objectif de long terme mais pour certains pays, le long terme est toujours assez loin", a-t-il poursuivi.
La ministre française de l'Economie a elle aussi confirmé que le projet d'une chaise unique pour la zone euro ne lui semblait "ni réaliste ni mûr".
"Il n'y a pas une Europe politique qui puisse être représentée au sein du FMI aujourd'hui", a-t-elle déclaré.
"Si vous regardez les instruments financiers, si vous regardez les soutiens aux pays les plus pauvres (...) sur tous ces points là il n'y a pas véritablement une expression de la zone euro (...) Je crois que nous sommes tous d'accord sur cette question là", a-t-elle ajouté.
Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso avait déclaré que les Etats membres de l'UE n'étaient pas prêts à cette éventualité.
"Sont-ils prêts pour une représentation unique de l'Union européenne ? Honnêtement, je ne le pense pas", a-t-il dit.
Avant d'ajouter : "Sont-ils prêts à avoir une représentation plus cohérente dans ce forum ? Je pense que oui, probablement".
Julien Toyer, édité par Benoît Van Overstraeten