LONDRES (AFP) - Le
pétrole s'échangeait à des niveaux records mardi matin, dans la foulée d'un double pic à 120,93 dollars à New York et 119,07 à Londres, le marché inquiet tant de la robustesse de la
consommation que de la vulnérabilité de l'offre, notamment au Nigeria et en Iran.
Le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a dépassé mardi matin pour la première fois le seuil de 119 dollars le baril, grimpant jusqu'à 119,07, un nouveau record absolu. Vers 10h15 GMT (12h15 à Paris), il était redescendu à 118,14 dollars, inchangé par rapport à la clôture de lundi soir, sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres.
De son côté, le "light sweet crude" pour livraison en juin a frôlé le nouveau seuil de 121 dollars le baril, avec un pic dans sa progression à 120,93 dollars dans la matinée.
Vers 10h15 GMT, il s'échangeait à 119,82 dollars, en baisse de 15 cents, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
"Ce matin, les prix du pétrole ont atteint de nouveaux sommets, dans un contexte où les interruptions de production au Nigeria, le dollar faible, et l'Iran continuent à fournir de nombreux arguments aux +haussiers+" (les acteurs du marché favorables à des hausses de prix, ndlr), résumait Michael Davis, analyste de la maison de courtage Sucden.
"Les données économiques aux Etats-Unis ont agréablement surpris, avec des chiffes de l'emploi et du chômage meilleurs qu'attendu", a-t-il rappelé.
Les prix du pétrole, qui ont presque doublé en un an, ont amorcé une nouvelle spirale haussière vendredi après la parution de ces chiffres. Les opérateurs en ont déduit qu'ils avaient peut-être surestimé les risques de ralentissement économique aux Etats-Unis et révisé trop brutalement à la baisse leurs attentes de consommation énergétique dans la première économie mondiale.
La tension et les prix sont encore montés d'un cran lundi avec des remous autour de la production pétrolière au Nigeria et un regain de tensions géopolitiques concernant l'Iran.
Dimanche, des militants du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND) ont attaqué des installations pétrolières appartenant au groupe anglo-néerlandais Shell (London: RDSB.L - actualité) dans le sud du Nigeria.
Huitième exportateur mondial de brut, le Nigeria ne produit plus depuis un an qu'un peu plus de 2 millions de barils par jour, soit 25% de moins que sa production normale, en raison de l'insécurité régnant dans les zones de production.
Au sujet de l'Iran, les observateurs craignent que Téhéran joue de sa production pétrolière comme monnaie d'échange dans les négociations autour de son programme nucléaire. L'Iran est le deuxième producteur au sein du cartel de l'Opep.
Renforçant le sentiment que le "super cycle" de hausse des prix du pétrole est loin d'être terminé, les analystes de la banque américaine Goldman Sachs (NYSE: GS - actualité) , très suivis par le marché, ont publié une note dans laquelle ils indiquent la possibilité que le baril évolue entre 150 et 200 dollars d'ici 6 mois à deux ans.
"Le poids de Goldman Sachs sur le marché n'est à négliger", soulignait Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix. La banque américaine eut la première la clairvoyance d'anticiper un baril à 100 dollars avant 2010.