PARIS (AP) - La communication et la téléphonie concentrent 28,1% des plaintes des consommateurs français, dont le total tous secteurs confondus a explosé l'année dernière, selon le premier baromètre semestriel du genre publié mercredi par le ministère de l'Economie. La Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) constate que le nombre de ces contestations est passé de 75.050 en 2006 à 109.532 en 2007, soit une augmentation de 46%. L'objectif du "baromètre des plaintes des consommateurs" est d'affiner la connaissance des conflits par secteur et d'"accroître l'efficacité de l'
action de l'Etat", explique le ministère de l'Economie dans un communiqué. Il permettra "d'améliorer le ciblage" des contrôles et au besoin de légiférer ou réglementer. Le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation Luc Chatel, auteur de la loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs entrée en vigueur au début de l'année, compte convoquer l'entreprise qui génère le plus de plaintes et d'envisager sa mise sous surveillance, et envoyer un courrier aux dix entreprises qui concentrent le plus de plaintes (sept sont des groupes de télécommunications et
Internet) pour leur demander leur plan d'action. Contre la souscription forcée d'abonnement à la téléphonie et à Internet, M. Chatel va notamment demander à la Fédération française des télécoms de proposer un code de bonne conduite et compte surveiller les entreprises les plus concernées. La DGCCRF dispose désormais de pouvoirs d'injonction et d'action en cessation des pratiques illicites devant le juge civil. Avec la communication et la téléphonie, cinq secteurs regroupaient 80% des réclamations des consommateurs au second semestre 207: les produits non
alimentaires (23,5%), les services à domicile et autres services (11,9%), le transport et les véhicules (10,7%), et l'
immobilier et le logement (5,7%). Les plaintes portent en majorité sur des ventes en magasin mais plus de 40% concernent une vente à distance, sur Internet dans 32,6% des cas. Tous secteurs confondus, l'inexécution de la prestation (totale ou partielle) est la première cause de mécontentement puisqu'elle constitue 15% des réclamations, devant la
publicité mensongère (8%). La contestation du prix ne représente que 7% mais on
note une augmentation de 36% entre le troisième et le quatrième trimestre 2007, alors que les plaintes portant sur les règles d'hygiène des produits et des établissements reculent de 38%. Dans le cas de la téléphonie et d'Internet, 28% des réclamations portent sur l'inexécution totale ou partielle de la prestation et 17% sur la non-prise en compte des demandes de résiliation, mais la contestation de facture (12%) progresse de 31%, et la protestation contre la souscription forcée d'abonnement (5%) de 30%. En ce qui concerne les services à domicile et autres services, 20% des plaintes visent les entreprises de rénovation ainsi que l'installation ou le dépannage d'équipement (19%), principalement pour des problèmes de malfaçon et de mauvaise exécution de service, motif de contestation en hausse de 45%. Dans l'immobilier et le logement, 35% des plaintes visent les agences immobilières, accusées en premier lieu de publicité mensongère, et la DGCCRF constate que le manquement aux règles spécifiques de la profession explose de 438%. Dans l'hôtellerie, la restauration et le tourisme, 28% des plaintes visent les restaurants et surtout les règles d'hygiène, et 25% les agences de voyages, soupçonnées de publicité mensongère. AP st/com