PARIS (AP) - Réunissant les partenaires sociaux à l'Elysée pour la deuxième fois, sur le thème de la protection sociale, Nicolas Sarkozy leur a délivré mercredi un agenda de réformes serré, avec pour objectif de faire adopter un projet de loi sur les retraites cet été et un autre sur la santé au plus tard à la rentrée. Au menu de cette nouvelle conférence sociale, qui fait suite à celle du 19 décembre: les retraites, la santé, la dépendance et la famille. Autant de sujets qui "nécessitent que des décisions soient prises avec méthode, selon un calendrier précis, dans le cadre d'une concertation", a expliqué le président aux partenaires sociaux. Il leur écrira prochainement pour "préciser" ce "calendrier". S'il leur a promis une "concertation étroite", Nicolas Sarkozy a prévenu: pas question de perdre du temps. "Que les choses soient claires, l'année 2008 doit être l'année de réponses structurelles", a-t-il lancé aux syndicats, qui jugent le programme franchement embouteillé. "Moi, je n'ai pas été élu pour différer les solutions, mais pour apporter des remèdes aux problèmes de la France". Annonce phare de la réunion: Nicolas Sarkozy a promis une avance de 200 euros aux 610.000 bénéficiaires du minimum vieillesse. Selon son entourage, elle sera versée "courant avril", soit juste après les municipales des 9 et 16 mars, alors que le chef de l'Etat connaît une désaffection dans les sondages chez les seniors. Il ne s'agit pas véritablement d'une "prime", comme il l'a indiqué, mais d'un "à-valoir" sur la hausse de 5% du minimum vieillesse annoncée par le Premier ministre François Fillon pour 2008 et les années suivantes, en vue d'atteindre 25% en 2012. Toujours au chapitre retraites, Nicolas Sarkozy a confié au ministre du Travail et de la Solidarité Xavier Bertrand le soin de préparer un projet de loi "d'ici la fin du premier semestre". Là encore, il ne s'agit pas de traîner: ce texte devra être rédigé "pour la fin du mois de mai" et soumis au Parlement "avant la fin de la session cet été", a précisé l'Elysée. Le chef de l'Etat a pris soin de ne pas évoquer le sujet qui fâche, à savoir l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans entre 2009 et 2012, déjà prévu par la loi Fillon sur les retraites du 21 août 2003. "Le nombre d'annuités de cotisation sera décidé au deuxième trimestre 2008", a simplement indiqué son entourage, en promettant une "réforme concertée" et "apaisée". Au volet santé, Roselyne Bachelot devra préparer un projet de loi "d'ici l'été", qui portera notamment sur la permanence des soins ou la répartition des professionnels de santé. Nicolas sarkozy s'est toutefois dit prêt à accorder aux syndicats, inquiets de ce calendrier au pas de charge, "quelques semaines de plus, voire quelques mois de plus" jusqu'en "septembre". La partie financement est renvoyée au budget de la "Sécu" prévu à l'automne 2008. Enfin, M. Sarkozy a appelé de ses voeux la création d'un "cinquième risque" en 2009 pour prendre en charge la dépendance des personnes âgées et handicapées. Pour le financer, il a laissé entendre qu'il souhaitait que l'
assurance individuelle vienne en complément de la solidarité nationale. Il est "évident" que l'on "ne peut pas tout attendre de l'Etat. Nous devons donc réinventer les frontières de la prévoyance individuelle et collective", a-t-il dit. Un coup de canif à l'Etat-providence? En matière de retraites comme de santé, le président a prévenu qu'il faudrait remettre sur la table la part respective de la solidarité nationale et de la responsabilité individuelle. "Compte tenu de nos contraintes financières, il faut adapter nos dispositifs de prise en charge", a-t-il glissé, sans plus de précisions. AP god-sch/mw