PARIS (AFP) - Les chauffeurs de taxi ont entamé mercredi matin une nouvelle journée de manifestations pour protester contre la déréglementation prônée selon eux par la commission Attali, entraînant des difficultés de circulation dans de nombreuses villes.
Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a affirmé à l'issue du conseil des ministres qu'il était "hors de question de faire subir une réforme" aux taxis, qui sont "légitimement inquiets".
A Paris, en milieu de journée, la circulation était bloquée Porte Maillot (XVIIe) et sur l'avenue de la Grande Armée, alors que les organisations professionnelles des taxis devaient être reçues à 16H00 à Matignon.
Des taxis venus de régions voisines de l'Ile-de-France se sont joints à la manifestation parisienne, mais selon la Fnat (Fédération nationale des artisans du taxi), des cortèges venant des aéroports de Roissy-CDG et Orly n'ont pu arriver jusqu'à la Porte Maillot.
Selon Aéroports de Paris, les accès aux deux aéroports étaient "fluides" mercredi à 12H30.
Une porte-parole de la Fnat a estimé à 5.000 le nombre de participants à la journée d'action à Paris. Plusieurs responsables ont estimé la participation supérieure à celle de la première journée d'action mercredi dernier.
Dans les Bouches-du-Rhône, les accès à la ville et à la gare TGV d'Aix-en-Provence étaient difficiles mercredi matin, a-t-on indiqué au Centre régional d'information et de coordination routières.
A Marseille, des rassemblements de taxis aux arrivées de l'A55 au niveau du tunnel du Vieux Port ainsi que de l'A7 porte d'Aix provoquaient des bouchons de 2 km chacun environ, et un autre rassemblement était organisé en ville.
On attend "qu'on nous dise qu'on enterre purement et simplement les dispositions du projet Attali", a déclaré Jean Gammicchia, président du syndicat des taxis marseillais. Ensuite, "on discutera pour moderniser et amender" la réglementation sur les taxis, a-t-il ajouté.
A Lyon, environ 300 taxis bloquaient l'entrée sud de la ville, sur l'autoroute A7, à hauteur de la Mulatière, a-t-on appris de sources syndicales et policières. Peu après 08h00, un bouchon de plus d'une quinzaine de kilomètres s'était formé dans le sens sud-nord en direction du tunnel de Fourvière, selon le Centre régional d'information routière.
Dans l'ouest, les chauffeurs de taxis bloquaient mercredi matin les accès à l'aéroport de Brest et au dépôt de carburant de la ville, a-t-on appris auprès des gendarmes. Les chauffeurs de taxis se sont dirigés peu après 07h00 vers le principal point d'entrée routier de Brest pour bloquer la circulation en provenance de Morlaix.
A Nantes, la circulation sur le périphérique était également difficile en raison d'une manifestation interrégionale de près de 600 chauffeurs de taxis, menant des opérations escargots et des barrages filtrants, a-t-on appris auprès de la police.
En Normandie, les accès à Rouen étaient rendus difficiles en raison d'opérations "escargot" des chauffeurs de taxis. A 08h00, un bouchon d'une dizaine de kilomètres était signalé à l'ouest de l'agglomération sur l'autoroute A 150.
Dans la région Lanquedoc-Roussillon, quelque 300 taxis ont entrepris vers 09h00 de bloquer l'autoroute A9, à quelques kilomètres de la frontière franco-espagnole du Perthus, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.
Le cortège doit rejoindre le péage du Boulou, le dernier avant l'Espagne, pour le bloquer "dans les deux sens", selon les déclarations d'un responsable syndical régional.
Des rassemblements sont prévus dans huit métropoles régionales (Lille, Rouen, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Nice, Marseille et Lyon).