AIX-EN-PROVENCE (AFP) - Le premier jour du procès en appel de deux adolescents jugés pour l'incendie d'un bus à Marseille lors duquel une jeune femme, Mama Galledou, avait été brûlée grièvement a laissé la famille de la victime, avide d'explications, sur sa faim.
"C'est une journée décevante. On était plein d'espoir mais les deux prévenus sont pleins de contraintes. On a l'impression qu'ils ne se libèrent pas. Une soeur de Mama Galledou s'est exprimée mais elle a le sentiment qu'ils ne réalisent pas" l'ampleur du drame, a déclaré à la sortie d'audience l'avocat de Mama Galledou, Me Alain Molla.
Les débats se déroulent à huis clos devant la chambre des mineurs de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Mama Galledou est toujours en convalescence après avoir été brûlée au 2e et 3e degrés sur 62% du corps et n'assiste pas au procès. Ses parents et sa soeur sont présents.
En première instance, le 28 septembre 2007, les deux adolescents, aujourd'hui âgés de 16 et 17 ans, avaient été condamnés à huit ans de réclusion criminelle par le tribunal des enfants de Marseille pour leur participation à l'incendie du bus de la ligne 32, le 28 octobre 2006.
Jugés séparément en raison de leur âge, cinq autres jeunes gens qui faisaient partie du même groupe ont écopé de peines allant de neuf ans à cinq ans de prison dont deux avec sursis devant la cour d'assises des mineurs, en décembre 2007. Parmi eux, celui qui avait jeté le mouchoir enflammé dans le bus avait fait des aveux circonstanciés sur le déroulement du drame et son rôle personnel, au grand soulagement de la famille Galledou qui souhaitait "entendre la vérité".
Mercredi, l'avocat d'un des deux prévenus a tout de même souligné que son client n'éludait pas ses responsabilités: "Il ne faut pas oublier qu'ils ont dit depuis le début chacun ce qu'ils avaient fait. Un des deux a même détaillé le rôle des autres durant l'instruction", a souligné Me Clément Dalaçon.
"Ce sont des jeunes qui ont du mal à verbaliser, qui ont un vocabulaire assez pauvre. Mon client est très angoissé par ce procès car il sait que tout est rejugé", a-t-il ajouté.
"On a eu une journée très émouvante, très tendue", a pour sa part estimé l'avocat du deuxième prévenu, Me Michel Lao.
La défense espère une réduction de la peine de huit ans prononcée en première instance, notamment au regard des neuf ans infligés au principal responsable de l'incendie.
"Huit ans, c'est beaucoup. Nous espérons que la peine soit plus adaptée au regard de la participation de chacun", a déclaré Me Michel Lao.
Jeudi, les deux adolescents doivent être confrontés aux six autres mineurs jugés aux assises et dont un a été acquitté. Le procès pourrait se terminer dès jeudi soir.