Google a créé l'évènement cette semaine en lançant une version béta (test) de son premier navigateur
Internet. Baptisé Chrome, il séduit par sa simplicité et par sa rapidité. Il n'est cependant pas exempt de tout reproche, en attendant une version définitive améliorée.
Mardi 2 septembre 2008, 22h42. Une dépêche de l'AFP (Agence France Presse) tombe: "Le géant de l'internet Google a officiellement lancé mardi son nouveau navigateur Chrome". Pas de temps à perdre, rendez-vous immédiat sur http://www.google.fr/chrome. Et cinq minutes plus tard, le temps que le logiciel se télécharge et s'installe automatiquement, notre curiosité, pour ne pas dire impatience, peut enfin être satisfaite (Retrouvez une aide interactive proposée par Google directement en cliquant ci-contre à droite dans la rubrique : "pour aller plus loin").
Google Chrome s'ouvre enfin. Au passage, le logiciel importe vos favoris et votre historique depuis votre navigateur par défaut. Plutôt pratique pour s'éviter une tâche longue et fastidieuse, d'autant plus que la gestion des favoris est l'un des gros points noirs de Chrome.
Premiers clics et premier constat. Le navigateur de Google fait dans la sobriété. Le graphisme est épuré et l'interface limitée à l'essentiel. Ici pas de barre de menu, pas de panneau latéral. Seulement deux boutons dans lesquels sont regroupés les options et les paramètres de Chrome. Les onglets sont déplaçables à souhait, dans une même fenêtre ou d'une fenêtre à l'autre.
A l'ouverture de Chrome et celle d'un nouvel onglet, une page d'accueil dynamique s'affiche. On y retrouve, en miniature, les neuf sites les plus visités par l'internaute, désormais accessibles en un clic. Sur la colonne de droite: un moteur de recherche dans l'historique de navigation, les favoris utilisés récemment et les derniers onglets fermés.
La barre d'adresse a également été conçue pour faciliter la navigation. L'omnibox, c'est son nom, cumule à la fois les fonctions de barre d'adresse et de moteur de recherche. Elle propose également à l'internaute des suggestions de recherches de sites. Plus besoin donc de se livrer à d'intenses réflexions pour savoir si le site que l'on souhaite visiter est un .fr, un .com ou autre, avant généralement de se rabattre sur un moteur de recherche. Gain de temps assuré.
Surtout, l'omnibox permet d'accéder aux moteurs de recherches présents sur les sites que vous avez visités, et donc de gagner encore du temps. Il suffit pour cela de tapez le début de l'adresse du site puis de taper sur Tab. Simple et pratique. Et les derniers outils de recherche utilisés depuis l'omnibox apparaissent automatiquement sur votre page d'accueil.
A peine le temps de surfer sur 2-3 sites qu'un deuxième constat s'impose: Google Chrome va vite. L'affichage des pages est bien plus rapide que sur Firefox 3 et, a fortiori, que sur Internet Explorer 7. Google l'avait promis lors de sa présentation, mettant en avant un nouveau moteur javascript, et a tenu parole.
Toujours sur le plan technique, chaque onglet est un processus indépendant. En clair, si un l'un d'entre eux plante, les autres restent en place. Un gestionnaire de tâches intégré permet alors de fermer le processus qui ne répond pas. Fini donc les sessions interrompues par un problème technique, ce qui vous obligeait à redémarrer votre navigateur et parfois à devoir rouvrir tous vos onglets.
Revers de la médaille: Chrome est très gourmant en mémoire vive. Un petit détail qui s'ajoute à d'autres. On regrettera par exemple l'absence de flux RSS intégré et l'horrible gestion des favoris. Certains sites ne sont par ailleurs pas encore compatibles avec le navigateur de Google. Mais cela ne saurait tarder.
Les internautes habitués à Firefox regretteront de leur côté l'impossibilité d'ajouter des plugins, ces nouvelles fonctionnalités que l'internaute peut ajouter à son navigateur et qui ont fait le succès du navigateur de Mozilla. Outre oubli: un logiciel anti pop-up. Ces fenêtres publicitaires intempestives ne sont pas bloquées mais s'affichent en bas de l'écran sous forme d'une barre d'adresse discrète. Un moindre mal.
Des petits défauts donc, mais n'oublions pas qu'il ne s'agit pour l'instant que d'une version béta. Des améliorations y seront donc effectuées avant la sortie de la version définitive. Mais d'ores et déjà, Google semble avoir réussi son coup. Médiatiquement bien sûr. Mais aussi sur le plan technique.
Car Google Chrome semble à la fois être en mesure de séduire le grand public par sa simplicité et sa prise en main mais aussi les mordus du net, qui apprécieront de leur côté la rapidité d'affichage et la gestion indépendante des processus. Toutefois, ces derniers attendront certainement quelques modifications avant de quitter définitivement Firefox.