Les politiques monétaires ne vont probablement pas relancer l'inflation mais les politiques macroéconomiques des Etats doivent être plus surveillées, déclare Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne.
"Nous avons le sentiment que plusieurs éléments de notre politique monétaire ont été validés, si je puis dire, par ce que nous avons observé", a déclaré Jean-Claude Trichet lors des Rencontres économiques organisées par le Cercle des économistes à Aix-en-Provence.
"Il faut crédibiliser le moyen-long terme, crédibiliser le fait que les politiques monétaires ne vont pas relancer l'inflation. Ce qui, je le crois profondément, est le cas", a-t-il ensuite ajouté.
Il faut également, a encore dit Jean-Claude Trichet, "crédibiliser le fait que les politiques budgétaires vont revenir à l'équilibre de moyen-long terme satisfaisant. Car si on ne le fait pas, on perd alors ce qui est l'essentiel aujourd'hui, c'est la confiance".
"Il ne faut pas espérer avoir un avoir impact important des mesures qui seraient prises aujourd'hui et qui auraient comme conséquence la déstabilisation de la confiance à moyen et long terme", a insisté le président de la BCE.
Jean-Claude Trichet a souligné à cette occasion que les banques centrales essayaient, toutes ensemble, de faire tout ce qu'il fallait "pour augmenter la confiance".
"Nous essayons d'être des ancres de stabilité et de confiance", a-t-il insisté.
Le président de la BCE a par ailleurs appelé à une plus grande surveillance des politiques macroéconomiques des Etats, et notamment des pays qu'il a qualifié de "systémiques".
"Il est extrêmement important que nous puissions renforcer la surveillance des politiques macroéconomiques par, à la fois les institutions internationales, le FMI (Fonds monétaire international, ndlr) au premier chef, et les pairs", a dit Jean-Claude Trichet.
Matthieu Protard