Les Canadiens sont les deuxièmes plus grands consommateurs d'eau douce au monde, juste après les Américains. Avec la campagne « Go Blue », initiée le 15 avril 2008r, la branche canadienne du fabricant de produits
alimentaires, d'hygiène et de soins Unilever veut encourager les Canadiens à réduire de
moitié leur
consommation d'eau. Ce que l'entreprise, qui regroupe des
marques comme Dove, Sunsilk, Lipton, Knorr, Slim-Fast ou Puget, a réussi à faire par tonne de
production à l'échelle mondiale depuis 1995. Selon Bob Sandford, le président de la section canadienne du Programme de l'eau pour la vie des Nations unies, partenaire avec Waterlution, Water Matters, Polis Nature Québec de cette campagne nationale, la plupart des Canadiens croient à tort que les
ressources en eau potable sont inépuisables. «
Nous ne semblons pas comprendre à quel point les ressources en eau sont précieuses et que notre approvisionnement en eau à long terme est menacé. Il est temps que les Canadiens s'y mettent. »
125 000 litres d'eau par an et par personne Pour relayer le message de sa campagne, Unilever Canada s'appuie un double site web, goblue.org et passezaubleu.org. Cette vitrine web bilingue, français / anglais, contient de l'information sur la situation de l'eau douce au Canada, sur la position d'Unilever et des organismes partenaires de la campagne. Elle donne aussi accès à un outil grand public, un simulateur permettant d'évaluer sa consommation individuelle d'eau douce et destiné à démocratiser le concept d'« empreinte eau ». Cette notion, similaire à l'empreinte écologique ou l'empreinte carbone, est utilisée, depuis 2002, dans les « comptabilités environnementales ». Selon le « webcalculateur » du site goblue.org, une personne qui se douche environ cinq minutes par jour, se brosse les dents trois fois par jour durant deux minutes, lave son linge deux fois par semaine, et lance un lave-vaisselle trois fois par semaine, consomme environ 84 742 litres d'eau par année. Plus que la moyenne européenne, estimée à 75 000 litres d'eau par personne et par an. Mais bien moins qu'un Canadien, dont la moyenne annuelle atteint les 125 000 litres d'eau. Principaux responsables : le gazon des pelouses, les sanitaires et un équipement électroménager à faible rendement.
Un simulateur engagé Développé pour Unilever par Zerofootprint, ONG canadienne spécialisée dans le calcul de l'empreinte écologique, cet outil en ligne privilégie un calcul fondé sur la consommation directe, induites par les modes de vie au quotidien. «
Le simulateur a été conçu de manière à impliquer l'utilisateur », explique Deborah Kaplan, directrice de Zero Footprint. Il calcule son « empreinte eau » directement, avec des questions portant sur des actions concrètes et ciblées. Il ne s'agit pas connaitre le revenu de la personne ou son sexe, ni d'insister sur la quantité d'eau nécessaire à la fabrication de ses aliments ou du papier imprimé, mais de souligner les gestes de tous les jours qui sont les plus consommateurs d'eau, comme le fait de se laver les dents en laissant couler l'eau ! » Une mauvaise habitude dont le coût eau est estimé à 8 litres par minute. L'outil, parfaitement ergonomique, tient sur un seul écran d'ordinateur portable et permet en moins d'une minute d'estimer la consommation d'un(e) célibataire cumulant douche et machine à laver (environ 59 000 litres), ou d'une famille de 4 personnes, calculée toutes options : piscine, gazon, et voiture lavée une fois par mois (270 000 litres). Segmentée en 4 grands domaines que sont la maison, la lessive, la cuisine et la salle de bain, la page du calculateur indique ainsi les sources de dépenses les plus évidentes : chasse d'eau, lave-vaisselle, etc. L'affichage des calculs, immédiat, facilite aussi l'envie de corriger sa consommation et faire varier les paramètres. De fermer un robinet par exemple. «
La finalité de la démarche est bien de responsabiliser l'utilisateur, de lui suggérer comment faire la différence, confirme Deborah Kaplan. Que ce soit en réduisant le temps sous la douche ou en adoptant des chasses d'eau à double capacité, on voit alors que les économies peuvent rapidement devenir importantes. »
Stratégie « bleue » Soutien actif à la préservation des lacs, des rivières et des zones humides canadiennes depuis plusieurs années, le plan « bleu » d'Unilever Canada est également tourné vers les jeunes. En complément du programme Econovateurs à travers lequel l'entreprise incite les écoliers à mesurer leur empreinte écologique, « Go blue » a lancé un appel à des « Ambassadeur des jeunes ». Huit représentants sont prévus, un par région, âgé de 15 à 18 ans. Cet engagement, d'au moins un an, inclut un séminaire de formation de trois jours, avec kit pédagogique et « media training », organisé à Toronto les 6, 7 et 8 mai 2008. Une déclaration commune de principe est attendue. Outre la diffusion de messages publicitaires « Passez au bleu » à la télévision, dans la presse et les points de vente canadiens, Unilever peaufine en parallèle le lancement de nouveaux produits, par exemple à rinçage facile. La compagnie teste déjà sur des marchés émergents, comme l'Inde ou l'Amérique centrale des innovations à consommation de quantités d'eau sont limitées.