A plusieurs reprises, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a fait des offres pour participer au sauvetage des finances grecques, mais les dirigeants de la zone euro s'y opposent mordicus. Le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a exclu cette intervention. 'La zone euro est suffisamment armée pour relever le défi', a-t-il déclaré en approuvant, mercredi 3 février, la cure d'austérité programmée par Athènes sous la pression des marchés et des Européens. Pour le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, une intervention du FMI serait une 'humiliation'.
L'Union européenne (UE) et le FMI sont pourtant intervenus ensemble en Roumanie, Hongrie et Lettonie, trois membres de l'UE, mais jamais dans un pays de la zone euro. Le gouvernement grec n'exclut pas non plus de recourir au FMI qui a dépêché une mission technique à Athènes. Certaines voix, en particulier au ministère français des finances, veulent conserver cette option.
'Faire preuve de solidarité'
Dans l'hypothèse d'une défaillance grecque, portugaise, ou espagnole, les Européens préfèrent s'organiser, en préparant discrètement un plan de sauvetage. 'Une intervention du FMI sera une option par défaut, si nous n'arrivions pas à nous mobiliser suffisamment', dit un expert financier bruxellois.
Pourquoi tant de réticences ? Certains gouvernements en font une question de crédibilité. 'C'est aux pays de la zone de faire preuve de solidarité. Vous imaginez le ridicule si nous devions nous en remettre à une institution basée à Washington ?', demande un dirigeant.
'C'est une réaction normale et saine de dire que nous pouvons le faire nous-mêmes', estime Guy Verhofstadt, ancien premier ministre belge et président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) au Parlement européen. Les Européens se méfient des conditions drastiques que pourrait imposer le FMI. 'S'il intervenait seul, nous perdrions tout contrôle de la conditionnalité, dit un haut fonctionnaire. Cela viderait de leur sens les efforts de coordination budgétaire et économique au sein de la zone euro.'En lire plus sur LeMonde.fr
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