A quel jeu joue Viktor Iouchtchenko, le président ukrainien ?, se demandent le premier ministre russe, Vladimir Poutine, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), pour une fois sur la même longueur d'onde.
M. Poutine accuse Kiev de bloquer le paiement du gaz russe livré à l'Ukraine, tandis que Moscou a payé, d'avance et jusqu'au premier trimestre 2010, le droit de passage de son gaz sur le territoire ukrainien vers l'Europe, soit 2,5 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros).
'S'il y a des problèmes, que l'Europe leur file un petit milliard', a ironisé M. Poutine, lundi 2 novembre, suscitant une réaction de Bruxelles où l'on estime que l'Europe n'a 'pas à souffrir' de ce conflit entre Moscou et Kiev et où l'on refuse de se laisser 'entraîner dans la campagne électorale' pour l'élection du président ukrainien, prévue le 17 janvier 2010.
Du côté du FMI, ce sont les foucades budgétaires de M. Iouchtchenko qui désespèrent. Après une chute de son produit intérieur brut (PIB) de 15 % en 2009, selon la Banque mondiale, sous l'effet d'une chute des prix de l'acier et d'emprunts excessifs en devises étrangères, l'Ukraine espérait renouer avec la croissance (+ 2,5 % prévus en 2010), grâce au programme signé avec le FMI. Celui-ci a promis d'apporter 16,9 milliards de dollars.
Refusant de poursuivre la remise en ordre des finances publiques, M. Iouchtchenko a promulgué, le 30 octobre, une loi augmentant le salaire minimum de 11 %, le 1er novembre, et le minimum vital de 12 % à la même date et encore de 18 %, le 1er janvier 2010.
Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds, s'est dit 'inquiet' de ce dérapage. Ceyla Pazarbasioglu, chef de mission du FMI à Kiev, répond par avance sur le site du Fonds à tous ceux qui reprocheront à l'institution de porter atteinte au pouvoir d'achat des Ukrainiens en privilégiant l'orthodoxie budgétaire.
'Le FMI est d'accord avec la décision initiale des autorités d'augmenter les salaires en ligne avec l'inflation, soit 10 %, déclare-t-elle. Mais l'application de la hausse votée par le Parlement est totalement irréaliste, car elle coûterait 7 % du PIB ukrainien et se traduirait par une inflation qui pénaliserait en premier les plus pauvres et par une réduction significative du nombre des fonctionnaires.'En lire plus sur LeMonde.fr
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