Wall Street a clôturé en ordre dispersé mercredi et bien loin de ses plus hauts du jour, des prises de bénéfice en toute fin de séance ayant partiellement occulté l'optimisme suscité par les déclarations de la Réserve fédérale.
L'indice Dow Jones a terminé en hausse de 30,23 points, soit 0,31%, à 9.802,14 points et le Standard & Poor's 500, plus large, a gagné 1,09 point (+0,1%) à 1.046,50 points tandis le Nasdaq Composite abandonnait à la clôture 1,80 point (-0,09%) à 2.055,52 points.
Tous trois étaient pourtant en forte hausse moins de deux heures avant, en réaction au communiqué de politique monétaire de la Réserve fédérale, qui réaffirme son engagement à maintenir des taux d'intérêt proches de zéro pendant "une période prolongée", tout en exprimant une confiance accrue dans le début de reprise économique.
Le Dow Jones a gagné brièvement jusqu'à plus de 1,5% pour atteindre 9.928 points et le S&P 500 est monté jusqu'à 1.061 points tandis que le Nasdaq culminait à 2.081 points.
Mais le marché s'est montré incapable de maintenir ce rythme et les vendeurs ont pris le dessus au cours de la dernière demi-heure d'échanges.
"Cela (le communiqué de la Fed) ne change pas grand chose. On a du mal à voir comment cela pourrait favoriser la hausse, même si cela aurait facilement pu avoir un impact défavorable", a commenté Jordan Posner, gérant de Matrix Asset Advisors.
"La bonne nouvelle tient davantage à l'absence de tout élément négatif", a-t-il ajouté.
LA SANTÉ EN VEDETTE, KRAFT SANCTIONNÉ
En première partie de séance, la tendance avait été soutenue par plusieurs indicateurs jugés encourageants.
Le secteur des services, qui représente à lui seul près de 80% de l'activité économique globale aux Etats-Unis, a confirmé son retour à la croissance en octobre. Même si l'indice ISM sectoriel a reculé à 50,6, la nouvelle a conforté la tendance haussière observée dès le début de la séance.
Parallèlement, selon l'enquête mensuelle du cabinet ADP, le secteur privé a continué de réduire ses effectifs en octobre, mais le nombre des suppressions de postes est tombé à son plus bas niveau depuis plus d'un an tandis que celui de septembre était révisé à la baisse.
"Dans le détail, la composante des nouvelles commandes e l'indice ISM a atteint son plus haut niveau depuis octobre 2007, et cela nourrit l'optimisme du marché, qui regarde vers l'avenir", a expliqué Chad Morganlander, gérant de Stifel, Nicolaus & Co.
Parmi les hausses notables du jour figurent les groupes privés d'assurance santé, la victoire des candidats républicains aux élections pour le poste de gouverneur de Virginie et du New Jersey étant jugé susceptible de ralentir le projet de réforme de la protection sociale du président Barack Obama.
L'indice Morgan Stanley du secteur a bondi de 4,65% et le S&P de la santé s'est adjugé 1,25%. Merck & Co a pris 6,42% et Pfizer 1,2%.
"Les victoires des républicains aux élections des gouverneurs en Virginie et au New Jersey sont interprétées comme un obstacle possible à la réforme de la santé", a commenté Michael Pento, stratège senior de Delta Global Advisors.
Intel a gagné 1,25% malgré l'annonce de l'ouverture d'une enquête antitrust à son encontre aux Etats-Unis.
A la baisse, Kraft Foods, longtemps seule valeur dans le rouge du Dow, a cédé 3,16%, le marché sanctionnant un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes même si ses bénéfices ont dépassé le consensus.
Après la clôture, Cisco Systems gagnait près de 4% dans les transactions hors séance après des résultats et des prévisions supérieurs aux attentes.
Charles Mikolajcazak, version française Marc Angrand