Le conseil d'administration de General Motors a annoncé mardi qu'il avait décidé de conserver Opel, réduisant à néant des mois de négociations au terme desquelles sa filiale allemande devait être cédée à l'équipementier canadien Magna.
GM explique sa décision par le fait que le contexte général de l'industrie automobile a montré des signes d'amélioration. L'américain a annoncé mardi que ses ventes avaient progressé le mois dernier pour la première fois en deux ans.
"GM présentera rapidement un plan de restructuration à l'Allemagne et aux autres gouvernements et espère qu'il recevra un accueil favorable", a déclaré le directeur général de GM Fritz Henderson.
Il estime que ce plan devrait lui coûter aux alentours de trois milliards d'euros.
La décision de conserver Opel a été prise lors d'un conseil d'administration organisé alors que la Commission européenne avait demandé à GM de confirmer sa volonté de vendre Opel.
En décidant de ne pas vendre le constructeur allemand, GM fait une volte-face qui vient écrire une nouvelle page d'un feuilleton démarré voilà plusieurs mois.
Au terme d'une compétition féroce, le canadien Magna, allié à la banque russe Sberbank, avait été choisi par GM pour acquérir 55% d'Opel.
LA HESSE EN COLÈRE, LA GRANDE-BRETAGNE SATISFAITE
Ce rebondissement ne surprend qu'à moitié certains analystes pour qui l'attitude de GM, qui ne montrait pas grand empressement à finaliser la cession de sa filiale, préfigurait un tel épilogue.
"GM n'a jamais vraiment voulu vendre Opel. Ils y étaient contraints en raison de leur situation financière. Un grand nombre de véhicules de GM sont sortis des cartons des ingénieurs d'Opel, c'est donc qu'Opel est très utile au groupe. Maintenir cette présence rendre service au groupe sur le long terme", commente Aaron Bragman d'IHS Global Insight.
Jointe par Reuters, une porte-parole de Magna a refusé de commenter l'information.
Au contraire, le ministre-président du Land de Hesse a fait part de sa colère et exigé le remboursement du prêt relais accordé à GM d'ici la fin du mois de novembre.
Prié de commenter l'information, une porte-parole du Trésor américain a assuré que l'administration Obama n'avait joué aucun rôle dans la décision d'Opel.
En décidant de conserver l'allemand, GM jette aux orties les efforts déployés par Magna pour s'assurer du soutien des salariés d'Opel, dont le nombre est évalué à près de 50.000.
Le canadien cherchait à obtenir leur aval à son plan de restructuration, promettant des garanties sur l'emploi en l'échange d'un abaissement des coûts salariaux.
Ce plan suscitait des interrogations dans plusieurs pays où Opel est implanté. La Grande-Bretagne par exemple, patrie de la Vauxhall, la marque britannique d'Opel, avait fait part de ses réticences à plusieurs reprises.
Mercredi, le gouvernement britannique a appris la décision de GM avec satisfaction, proposant d'apporter une aide financière à l'américain.
"Nous avons pris note de la décision de GM et nous voulons travailler étroitement avec eux", a déclaré un porte-parole du gouvernement.
"Nous avons toujours dit que si une solution juste et viable sur le long terme émergeait, alors le gouvernement serait enclin à apporter un financement.
La décision de GM a également été saluée par le syndicat britannique Unite qui estime qu'il s'agit là du meilleur accord possible pour le pays.
Version française Nicolas Delame