Invité sur l'antenne d'Europe 1 ce matin, Georges Pauget, directeur général de
Crédit agricole (Paris: FR0000045072 - actualité) , a notamment mis en garde contre un emprunt national avoisinant les 100 Milliards d'Euros, et a précisé que les résultats de son groupe, qui seront dévoilés la semaine prochaine, seront dans le vert et en hausse...
Pour Georges Pauget : "Il ne serait pas raisonnable d'emprunter 100 Milliards. L'Etat français emprunte déjà 150 Milliards d'Euros par an. Aller vers quelque chose qui est presque un doublement des emprunts annuels de l'Etat ne serait pas raisonnable". Selon lui : "le montant acceptable" avoisinerait plutôt les 30 MdsE. "Il y a là un choix politique (...) Ce que le banquier peut dire c'est que 30 Milliards, cela passe dans le marché".
Le DG de Crédit Agricole explique que la crise "est en train de se finir, et ce que Gordon Brown fait aujourd'hui, c'est ce qu'il avait promis il y a presque une année maintenant (...) Les Etats tiennent leurs engagements mais les banques anglaises étaient en très mauvaise situation parce qu'elles avaient fait des financements à leurs clients anglais très risqués".
L'état français a prêté aux banques 21 MdsE, et 3 MdsE au Crédit Agricole que le groupe a remboursé il y a trois semaines. Georges Pauget indique avoir payé 230 ME d'intérêts qui sont venus en recette pour l'Etat. Il précise que le Crédit Agricole a perdu 7 MdsE dans la crise : "C'est une somme importante mais il faut la rapporter à la taille de l'établissement, à son activité internationale qui a gagnée juste avant la crise aussi plusieurs Milliards".
Concernant la publication trimestrielle, il précise que : "Nos bénéfices seront dévoilés la semaine prochaine, ils seront positifs, ils seront en hausse, et ils viennent de l'activité stable de la banque".
Par ailleurs Georges Pauget estime que : "les banquiers ont une part de responsabilité dans la crise, il ne faut surtout pas le nier, mais ils ne sont pas les seuls, et donc, si on veut éviter que le phénomène ne revienne, il faut traiter tous les aspects de la crise, et pas tout simplement montrer du doigt les banquiers".
Concernant les marchés financiers, Georges Pauget explique que : "Wall Street a repris le pouvoir, et c'est très regrettable parce que les banquiers américains risquent (...) d'imposer leurs vues à tout le monde, et c'est la raison pour laquelle les banques françaises et le Crédit Agricole ont travaillé étroitement avec les pouvoirs publics pour limiter la pression des banques américaines".
Enfin concernant la finance islamique le directeur général de Crédit Agricole a indiqué : "C'est une opportunité, ce n'est pas nouveau. La finance islamique est déjà très développée au Moyen-Orient, dans les pays du Golfe (...) Nous, Crédit Agricole, sommes très forts dans ce domaine. Nous avons lancé encore hier une nouvelle SICAV qui respecte les principes de la Charia (...) Et l'enjeu aujourd'hui (...) est de faire en sorte que la place financière de Paris soit une place très active en matière de finance islamique, et concurrence Londres qui a pris un petit peu d'avance".
En conclusion, Georges Pauget estime que la banque universelle : "va devoir se simplifier, essentiellement parce que, dans un univers qui, on l'a vu au moment de la crise, et d'une extrême complexité, il faut avoir des organisations plus simples, pour réagir plus vite (...) C'est dans l'organisation des banques, dans la façon dont elles organisent leurs relations avec leurs clients qu'elles vont devoir faire leur révolution".