'La crise est profonde, on mesure mal à quel point elle a profondément affecté notre secteur', martèle Jean-Cyril Spinetta, président du conseil d'administration d'Air France et d'Air France-KLM dans le vol de convoyage de l'A380 en direction de Paris, vendredi 30 octobre. Pour M. Spinetta, il n'y a aucun doute : 'Non seulement les pertes ne sont pas liées à des erreurs de management mais le fait qu'elles soient limitées démontre (qu'on) a su bâtir un modèle économique robuste.'
Ce modèle sera-t-il suffisant pour supporter encore plusieurs mois de baisse d'activité ? Pour l'instant, les derniers chiffres connus de la compagnie franco-néerlandaise ne prêtent pas à l'optimisme. Pour le premier trimestre 2009/2010, le revenu (par siège et par kilomètre) a diminué de 8,1 % en classe économique et de 18,2 % en classe affaires. Sur la même période, Air France-KLM a dégagé une perte nette de 426 millions d'euros. Les analystes tablent désormais sur une perte annuelle de 850 millions d'euros.
Depuis le début de la crise, la compagnie a dû jouer sur certains leviers pour éviter le pire. L'un des premiers a consisté à réduire les capacités : plus l'offre se réduit, mieux la compagnie remplit ses avions.
Cela ne suffit plus aujourd'hui. Des mesures plus structurelles sont nécessaires. A son plan de départ volontaire qui concerne 1 680 salariés, Air France va ajouter la réorganisation de son réseau court et moyen courrier. Un choix qui s'imposait face à la concurrence sur le réseau domestique du TGV et, dans une moindre mesure, des compagnies à bas coût. Air France va aussi supprimer plusieurs liaisons non rentables. Les vols de début et de fin de journée devraient être annulés (au total, une quinzaine de fréquences d'ici à l'été 2010). Ce qui évitera d'immobiliser pour une nuit les avions et fera économiser une nuit d'hôtel à l'équipage.
Progressivement, le service à bord devrait être aussi simplifié. Plusieurs prestations vont devenir payantes, comme le second bagage en classe économique à destination des Etats-Unis ou la restauration. Un modèle économique qui ressemble fort à celui des compagnies à bas coût.En lire plus sur LeMonde.fr
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