Dimanche 1er novembre, CIT, le spécialiste des prêts aux PME, a évité de justesse le naufrage, mais l'établissement n'est pas sorti d'affaire pour autant. Il lui a fallu livrer une rude bataille pour faire accepter son plan de mise sous protection de la loi américaine sur les faillites à ses créanciers, qui comptent le remuant Carl Icahn. Mais le plus dur reste à faire pour cet organisme de crédit consacré aux petites et moyennes entreprises (PME) : il doit maintenant montrer que son avenir ne se résume pas au chapitre 11 de la loi sur les faillites.
Il faut le reconnaître, CIT a accompli un véritable exploit en faisant valider auprès de ses créanciers son plan de restructuration. Ils ont été près de 90 % à donner leur accord, ce qui est surprenant, car, d'après des analystes, ils pourraient récupérer 90 % au plus de leur dû en cas de cessation d'activité. Il semble que la liquidation pure et simple leur ait paru une option trop risquée : les clients se seraient empressés de fuir et les actifs auraient été saisis par des tiers. Il est aussi possible que CIT ait astucieusement laissé entendre à ses partenaires financiers que, dans ce cas de figure, ils ne récupéreraient que 6 % de leur créance.
Maintenant que le cap est franchi, il faut s'attaquer à la tâche plus ardue encore de démontrer que l'établissement de crédit est viable : un défi digne des travaux d'Hercule. Le plus grave, c'est que la marque CIT est désormais associée à l'idée de faillite. On ne peut pas dire que ce soit une bonne publicité pour attirer les entreprises à la recherche de capitaux.
Même si l'on prend comme hypothèse que les clients afflueront lorsque CIT sera sorti de la procédure de faillite, on ne voit pas comment l'établissement pourra conserver son modèle économique défectueux. La fermeture de l'infrastructure financière qui permettait à CIT d'emprunter des capitaux à moindres frais sur le marché des effets de commerce, pour les prêter ensuite sous forme de crédit à long terme, est probablement définitive.En lire plus sur LeMonde.fr
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