Victimes de la crise, mises à mal par la récession, les banques britanniques totalement ou partiellement nationalisées vont devoir céder une partie de leurs actifs. L'annonce, mardi 3 novembre, par le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, du plan d'aide aux établissements dont l'Etat est actionnaire est destinée à parer au plus pressé alors que des élections générales doivent se dérouler au plus tard à la mi-juin 2010.
En vertu du plan destiné à répondre aux exigences de la Commission européenne en matière d'aides publiques, la Royal Bank of Scotland (RBS) et le Lloyds Banking Group vont vendre respectivement 318 et 600 agences dans les quatre ans à venir, soit 10 % du marché de la banque de dépôt britannique, à de nouveaux entrants sur le marché. La part publique dans le capital de RBS passe de 70 % à 84 %. D'autre part, choisissant de ne pas participer au plan de protection des actifs, Lloyds Banking Group va se recapitaliser à hauteur de 21 milliards de livres (23 milliards d'euros).
Le plan de scission de Northern Rock, nationalisée à 100 %, avait reçu le feu vert de Bruxelles le 28 octobre. Et RBS avait pris les devant en annonçant, dès lundi, la suppression de 3 700 emplois dans son réseau britannique.
Le gouvernement a réitéré son intention de céder à terme des actifs des banques sous sa tutelle. Reste que pour bon nombre d'experts, les incertitudes entourant ce plan risquent de décourager les acheteurs potentiels des nouveaux établissements envisagés par le gouvernement travailliste. Les repreneurs possibles - firmes de capital-investissement, fonds souverains, banques riches en liquidités ayant échappé à la tourmente... - pourraient être amenés à offrir un prix largement inférieur à celui attendu par les autorités.
Vu de la City, le succès du redressement de ces 'canards boiteux' est en effet lié à la future réglementation bancaire. Dans leurs lettres diffusées sur le site de la Financial Services Authority (FSA), l'organisme de tutelle de la City, les grands acteurs de la place dénoncent la précipitation des autorités à serrer la vis en vue d'éviter une répétition du séisme d'octobre 2008. Par ailleurs, les professionnels du 'Square Mile' s'alarment du manque de coordination à l'échelon internationale entre Londres et les régulateurs étrangers. De surcroît, les banquiers s'opposent aux nouvelles exigences évoquées en matière de capitaux. Enfin, ils se déclarent hostiles à l'imposition de limites à l'endettement afin de mieux contrôler les risques systémiques.En lire plus sur LeMonde.fr
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