Joe Manchin, gouverneur de Virginie-Occidentale, ne boude pas son plaisir. Tout comme John D. Rockefeller (démocrate), l'un des deux sénateurs de cet Etat durement frappé par la crise. L'inauguration de la première unité mondiale de captage-stockage de CO2 couplée à une centrale au charbon, vendredi 30 octobre, sur le site de Mountaineer, c'est la promesse d'une seconde vie pour la houille. Sans de telles installations, c'est la filière du charbon qui risque d'être condamnée au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
'Nous avons le devoir de rendre cette source d'énergie plus propre pour garantir son avenir', martèle M. Manchin. Sous le chapiteau dressé pour la circonstance, des syndicalistes opinent du chef, persuadés que c'est là un moyen de sauver des milliers d'emplois dans les mines. A la tribune, le patron de la branche énergie d'Alstom (75 % du chiffre d'affaires) a une autre raison de se réjouir. Pour Philippe Joubert, ce pilote industriel 'unique au monde', c'est une étape capitale sur un marché du captage-stockage du CO2 en gestation mais prometteur. Notamment aux Etats-Unis, où la moitié de l'électricité est fournie par des centrales au charbon qui devront s'adapter à des normes environnementales de plus en plus drastiques.
Le projet de Mountaineer est encore de taille modeste financièrement (100 millions de dollars) et industriellement (30 mégawatts sur une centrale de 1 300 mégawatts). Mais le gouverneur a déjà su convaincre la population que le stockage de 100 000 tonnes de CO2 par an à plus de 2 000 mètres sous terre est sans danger. 'Jusqu'en 2015, on restera dans un marché de démonstration. Mais je pense qu'en 2020, le captage-stockage sera la plus grosse activité d'Alstom Power', pronostique M. Joubert. Le groupe développe déjà dix projets à des stades d'avancement différents (France, Norvège, Pologne, Allemagne, Canada...). A long terme, Alstom devrait multiplier les centrales à très haut rendement (utilisant moins de combustible par mégawatt/heure d'électricité produite) et couplée à un système de captage-stockage. La priorité reste cependant d'équiper le parc existant : en 2030, 60 % des émissions de CO2 proviendront des centrales en service aujourd'hui. Comme à Mountaineer où, avec l'électricien American Electric Power (AEP), le groupe français veut faire porter le captage-stockage sur une capacité de 250 mégawatts.En lire plus sur LeMonde.fr
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