Wall Street restait hésitant ce mardi, prudent sur des craintes relatives à la poursuite de la reprise économique. L'actualité entreprises était pourtant propice avec le retour des fusions et acquisitions. En particulier,
Berkshire Hathaway (NYSE: BRK-A - actualité) , la firme de Warren Buffett, tient la vedette après une OPA de 44 Mds$ sur le Groupe ferroviaire
Burlington Northern Santa Fe. En outre,
Stanley Works et
Black & Decker se sont accordés pour fusionner... Le DJIA fléchissait légèrement de 0,18% en clôture à 9.772 pts, alors que le
Nasdaq (NASDAQ: actualité) gagnait 0,40% à 2.057 pts.
Les commandes à l'industrie US ont augmenté sur un rythme ajusté des variations saisonnières de 0,9% en septembre 2009, avec l'automobile, la machinerie, la chimie et la défense. Le Département au Commerce a donc fait état d'augmentations des commandes industrielles manufacturières sur cinq des six derniers mois. Toutefois, ces commandes à l'industrie demeurent en baisse de 13,9% sur neuf mois en 2009, en comparaison de l'an dernier. Les commandes de biens durables pour septembre ont progressé de 1,4% (révision en hausse après +1% précédemment estimé). Les commandes en biens non-durables se sont appréciées de 0,6%. Les stocks ont décliné de 1% en septembre (13ème mois de baisse).
Notons également que la réunion monétaire de la Fed débute ce mardi et donnera lieu demain soir au traditionnel communiqué accompagnant la décision sur les taux.
VALEURS DU JOUR
Stanley Works (+10%) et Black & Decker (+31%) ont annoncé lundi soir leur fusion programmée, dans le cadre d'une transaction en actions valorisée 4,5 Mds$. Selon les termes de l'accord, les actionnaires de Black & Decker recevront 1,275 action de Stanley Works pour chaque titre détenu. Cette opération par échange de titres présente une prime de 22% environ sur les cours de clôture de Black & Decker vendredi à Wall Street. Les actionnaires de Stanley (Berlin: SYC.BE - actualité) détiendront 50,5% de la nouvelle entité. John F. Lundgren, Chairman et CEO de Stanley, deviendra PDG de la nouvelle Société. Nolan D. Archibald, le CEO de Black & Decker depuis pratiquement un quart de siècle, prendra les fonctions de Chairman exécutif durant trois ans. Les deux Groupes se réjouissent du deal qui associe des marques emblématiques. Stanley Works et Black & Decker prévoient un impact relutif sur le bénéfice par action d'environ 1$ la troisième année après la finalisation. 350 M$ de synergies de coûts sont espérées. La nouvelle firme, "Stanley Black & Decker", sera un "leader industriel global de 8,4 Mds$". La finalisation est attendue durant le 1er semestre 2010.
Ford Motor (-2%) poursuit la restructuration de sa dette... Le constructeur automobile a en effet annoncé hier après la clôture de Wall Street son intention de lever jusqu'à 3,3 Milliards de dollars en actions et obligations convertibles. Son objectif est de rembourser une partie d'un crédit renouvelable d'un montant de 10,7 Mds$, et de reporter de deux ans le remboursement du solde de cette dette, a indiqué le Groupe dans un communiqué. Le constructeur, qui a surpris le marché en publiant hier un retour aux bénéfices nets (997 M$ pour le 3ème trimestre), prévoit d'émettre pour 1 Md$ d'actions ordinaires et pour 2 Mds$ d'obligations convertibles, avec une option de surallocation de 300 M$ sur ces dernières. Le Groupe US a précisé qu'il comptait rembourser jusqu'à 2,5 Mds$ de crédit renouvelable d'échéance décembre 2011 et qu'il souhaitait prolonger de 2 ans, jusqu'en novembre 2013, l'échéance sur le solde de cette dette, si les négociations avec ses créanciers aboutissent.
Anadarko (+2%) a annoncé tard hier soir les résultats de son troisième trimestre 2009. Sur la période, le Groupe enregistre un bénéfice net de 200 M$ ou 40 cents par titre, contre un profit net de 2,16 Mds$ ou 4,58$ par titre un an plus tôt. Hors exceptionnels, la firme essuie une perte nette de 51 M$ ou 11 cents par titre. Le chiffre d'affaires recule de 55% à 2,74 Mds$ avec notamment une chute de 81% des ventes de gaz et un plongeon de 61% des ventes de pétrole. Malgré ce vif déclin des comptes, la performance du Groupe texan est meilleure qu'anticipé par le consensus qui tablait sur une perte de 33 cents par action pour des revenus de 2 Mds$.
Medco Health (+3%) a dévoilé pour son 3ème trimestre un résultat net en hausse de 13% en glissement annuel à 335,6 M$ et 69 cents par titre, contre 296,7 M$ et 58 cents par action l'an passé. Le bpa ajusté a totalisé 75 cents, supérieur au consensus. Les revenus ont atteint 14,8 Mds$, contre 12,6 Mds$ l'an passé, à la même époque. Medco rehausse ses estimations de bpa 2009 dans une fourchette de 2,58 à 2,60$, contre 2,54-2,59$ précédemment. Sur l'exercice 2010, le bpa est anticipé entre 3,05 et 3,15$.
Teva Pharmaceutical (-1%), le géant israélien de la pharmacie générique, a publié pour son 3ème trimestre un résultat net en légère croissance de 3% en glissement annuel, à 649 M$ et 72 cents par titre, contre 631 M$ et 77 cents par action un an plus tôt. Le bpa ajusté a représenté 89 cents, en progression de 16% en comparaison de l'an passé. Les revenus ont grimpé de 25% à 3,55 Mds$, contre 2,84 Mds$. Les produits Copaxone et ProAir ont tiré les ventes vers le haut. La marge brute a augmenté à 54,3%, contre 52,5% l'an dernier, à la même époque.
Viacom (NYSE: VNV - actualité) (+1%) a affiché au 3ème trimestre un profit net de 463 M$ et 76 cents par titre, contre 401 M$ et 65 cents l'an dernier. Les revenus de la firme ont régressé à 3,32 Mds$, contre 3,41 Mds$ un an plus tôt. Hors éléments, Viacom aurait réalisé un bpa de 69 cents, supérieur au consensus des analystes. Les revenus sont également au-dessus des attentes.
Johnson & Johnson (NYSE: JNJ - actualité) (-1%), le géant pharmaceutique et médical américain, a annoncé ses projets de restructurations et réductions de coûts avec l'objectif de couper de 6 à 7% dans ses effectifs globaux. J&J espère de ces actions des économies annualisées, avant imposition, allant de 1,4 à 1,7 Md$ en 2011. Le Groupe prévoit une charge de restructuration de 1,2 Md$ au 4ème trimestre 2009. Johnson & Johnson explique que les économies serviront à fournir les ressources pour investir dans de nouvelles plateformes de croissance.
Berkshire Hathaway (+2%), la firme d'investissement de Warren Buffett, a annoncé une offre d'acquisition à 100$ par titre pour la prise de contrôle du Groupe ferroviaire texan Burlington Northern Santa Fe (+28%). Berkshire assumera également 10 Mds$ de dettes de sa proie. La valeur totale du deal est ainsi de 44 Mds$. Il s'agit tout simplement de la plus grande acquisition jamais réalisée par la firme de Warren Buffett. L'investisseur de légende explique que "la prospérité future de notre pays dépend du fait d'avoir un système ferroviaire efficient et bien géré". Réciproquement, Buffett constate que l'Amérique doit croître et prospérer pour que le secteur ferroviaire se porte bien. L'offre à 100$ par action Burlington de Berkshire est en cash et actions. Les Conseils d'administration des deux Groupes ont approuvé le deal, qui porte sur les 77,4% de Burlington non encore détenus par Berkshire. La majeure partie des actions Berkshire émises sera de type "A". Le Conseil de Berkshire a également approuvé un "split" par 50 des titres "Class B" dans le cadre de l'offre, à destination des actionnaires de Burlington détenant de petits montants et préférant les actions au cash. Le titre Class B valait 3.265$ à la clôture hier. Enfin, l'offre présente une prime de 31% sur la base des cours de clôture d'hier. Warren Buffett juge que cet investissement de 34 Mds$ (hors dette) sur Burlington est un énorme pari sur la compagnie, son PDG Matt Rose et ses équipes, mais également sur l'industrie ferroviaire. Matthew K. Rose, Chairman et PDG de Burlington Northern, se dit quant à lui enthousiaste d'avoir l'opportunité d'être intégré au sein de la famille Berkshire.
MasterCard (NYSE: MA - actualité) (-2%) a réalisé au 3ème trimestre un bénéfice net de 452 M$ et 3,45$ par titre, contre une perte de 194 M$ et 1,48$ par action un an auparavant. Les revenus trimestriels ont augmenté de 2% à 1,36 Md$. Hors éléments, le bpa aurait été de 3,48$, largement au-dessus du consensus des analystes. Les revenus, quant à eux, sont proches du consensus (1,35 Md$ attendus). Le nombre des transactions a grimpé de 7,6% en glissement annuel.