Le taux de chômage risque de continuer à grimper aux Etats-Unis jusqu'à l'année prochaine et la conjoncture économique devrait rester apathique ce qui devrait inciter la Réserve fédérale à conserver ses taux d'intérêt inchangés durant une bonne partie de 2010, montre une étude réalisée auprès d'analystes interrogés par Reuters.
Les résultats de cette enquête surviennent alors que le département du Travail a fait état jeudi d'une hausse bien supérieure aux attentes des suppressions de postes aux Etats-Unis au mois de juin.
Sur 12 spécialistes en valeurs du Trésor, des intervenants amenées à traiter directement avec la Fed, sept s'attendent à ce que le taux de chômage continue de grimper au cours du premier semestre 2010. Quatre d'entre eux estiment que le plus haut sera atteint fin 2009.
Pour une large majorité d'entre eux, la déflation est une menace plus importante pour l'économie que l'inflation.
"De larges pans des capacités de notre économie sont inutilisés et nous avons une très faible une croissance des salaires", souligne Ian Morris, chef économiste chez HSBC Securities USA.
La présidente de la Fed de San Francisco Janet Yellen a déclaré cette semaine que l'un des risques les plus importants qui planent sur l'économie américaine serait que l'inflation soit trop basse. Le patron de la Réserve fédérale de Saint Louis James Bullard, a estimé de son côté que si les risques de déflation avaient diminué, ils ne s'étaient pas pour autant évanouis.
PAS DE HAUSSE DES TAUX AVANT 2010
Des économistes et des investisseurs expliquent que les efforts déployés par la Réserve fédérale pour dégeler le marché du crédit ont semé les graines d'une inflation élevée qui pourrait surgir dès que la reprise sera là. La Fed a réduit ses taux d'intérêt à un niveau proche de zéro et adopté une série de mesures destinées à rétablir le flux du crédit.
Elle s'est en outre lancée dans des opérations de rachat d'obligations d'Etat à long terme, pour la première fois depuis les années 1960, afin de réduire le coût des emprunts à long terme rendant plus difficile encore toute velléité d'assouplissement lorsque l'inflation repartira à la hausse.
Les statistiques officielles publiées le mois dernier ont montré que l'augmentation des prix à la consommation avait été limitée à 0,1% en mai par rapport au mois précédent.
"Avec les dernières informations sur l'inflation, je pense que la Fed fera de son mieux pour éviter la déflation et cela reste sa principale préoccupation à l'heure actuelle", note John Spinello de Jefferies & Co.
La plupart des économistes s'attendent à ce que le produit intérieur brut recommence à augmenter au troisième trimestre.
Mais les chances élevées que la reprise soit molle inciteront sans doute la Fed à ne pas relever ses taux avant 2010, voire plus tard encore. Sur 13 analystes, cinq pensent qu'elle observera le statu quo sur ses taux jusqu'au second semestre 2010, cinq pensent que les taux devraient rester proches de zéro pour une période plus longue encore et trois pensent qu'elle pourrait relever ses taux dès le deuxième trimestre de 2010.
Version française Nicolas Delame