PARIS, July 3 /PRNewswire/ --
- Réalités et perspectives en Iran, conférence de presse - Paris, France,
2 juillet 2009
Communiqué de Reza Pahlavi :
Mesdames, messieurs,
Merci d'être venus. Merci d'avoir répondu à l'appel à la liberté et à la
démocratie du peuple iranien. Merci de votre soutien. Ces trois dernières
semaines, mes courageux compatriotes ont payé de leur sang leur volonté de
déchirer le voile d'acceptabilité derrière lequel se dissimule le régime
iranien et de pourfendre sa légitimité pour parler au nom des Iraniens à
l'étranger. L'oppression meurtrière qui s'en est suivie a réduit les rues au
silence et le black-out sur l'information a dévié l'attention du monde. En
Occident, certains journaux titrent sur la fin des mouvements de
protestation. D'autres disent que les querelles intestines au sein du régime
islamique sont désormais apaisées et que M. Ahmadinejad va gouverner l'Iran
pendant un nouveau mandat de quatre ans. Mais leur lecture de la situation du
pays est erronée. Bien que des manifestations soient encore possibles et que
le 10e anniversaire du soulèvement des étudiants, le 9 juillet prochain, soit
une date à surveiller, la phase une, à savoir les manifestations massives
consécutives aux élections, est terminée. Permettez-moi de vous expliquer en
quoi va consister la phase deux, qui est une phase de résistance nationale :
Considéré comme un usurpateur dans le cadre de son deuxième mandat, M.
Ahmadinejad va devoir s'inventer des ennemis étrangers à l'heure où il fait
régner une insécurité croissante en Iran, isolant plus encore le pays.
Confronté à la baisse des prix du pétrole, à la nécessité de freiner la
croissance des liquidités pour enrayer la flambée de l'inflation, à une fuite
massive des capitaux et des dirigeants les plus qualifiés ainsi qu'à un
marché boursier exsangue, pour ne citer que quelques problèmes, il lui sera
extrêmement difficile de gérer les affaires courantes du pays. Il aura besoin
de la coopération, même minime, du peuple pour pouvoir continuer à faire
naviguer le char de l'État. Il devra d'un autre côté faire face à des foyers
de résistance qui se multiplieront partout jusqu'à ce que les rouages du
gouvernement se grippent.
Déçus et alertés, d'influents ecclésiastiques, d'importantes factions
parlementaires et d'autres institutions remettront en cause sa capacité à
surmonter les difficultés et saperont son autorité de l'intérieur même de
l'État islamiste. Cette paralysie irréversible marquera la fin de la deuxième
phase.
Il est difficile d'anticiper la troisième phase. Une partie des gardes
révolutionnaires viendra-t-elle remplir le vide créé par l'effondrement du
pouvoir et d'un gouvernement qui ne fonctionne plus ? Dans ce cas, le régime
ne bénéficiera plus que d'un appui très faible et donc non viable de la base,
accélérant sa chute. Les grèves se multiplieront peut-être et des
manifestations massives portées par un peuple redynamisé balaieront le pays,
obligeant les autorités à céder à la pression publique favorable à
l'instauration d'un nouvel ordre démocratique ? Il n'est pas possible, à ce
stade, de privilégier un scénario par rapport à un autre, mais la fin ne fait
aucun doute.
Retour rapide à aujourd'hui, reconnaissons que le chemin est semé
d'embûches. Le régime vient de mettre en place un comité tripartite pour
punir les personnes arrêtées lors des récentes manifestations. Les
commissaires sont des hommes qui se sont rendus coupables de tortures et de
l'exécution sommaire de milliers de mes compatriotes il y a une vingtaine
d'années. Après toutes ces années, les souvenirs des viols, tortures et décès
dans les prisons iraniennes reviennent hanter mes compatriotes avec le retour
au pouvoir de ces hommes.
Mesdames, messieurs,
Je vous demande aujourd'hui de nous aider à faire en sorte qu'au cours
des semaines à venir l'attention du monde se porte sur les actes ignobles
perpétrés par le gouvernement. Ce peut être la seule façon d'empêcher le
régime de faire preuve de cruauté à l'égard de ceux dont le seul crime a été
de s'exprimer et de se rassembler pacifiquement, et cela inclut les femmes
qui ont fait campagne pour ne plus être traitées comme des êtres à mi-chemin
entre l'homme et l'animal. Je crains en effet que sans le feu des projecteurs
braqués par les médias internationaux, le cauchemar d'il y a vingt ans ne
resurgisse.
Votre deuxième contribution consiste à informer vos dirigeants politiques
de l'ampleur et de la brutalité de l'oppression en Iran. Vos gouvernements
ont insisté sur le fait qu'ils ne s'ingéreraient pas dans les affaires
intérieures de l'Iran et j'applaudis cette décision. En effet, toute
tentative d'ingérence donnera aux tyrans l'excuse dont ils ont besoin pour
dissimuler leurs différences et taxer d'agent étranger tout homme se battant
pour la liberté. Mais ce n'est pas tout. Le régime assimile toute déclaration
en faveur des droits de l'homme à une ingérence de l'étranger, tirant profit
de la confusion entre ces deux actions. Il est vital que le monde libre ne se
laisse pas berner par ce cynisme cruel au nom de la realpolitik. La
Déclaration universelle des droits de l'homme ne connaît pas de frontières.
Sa défense est une question d'éthique, mais aussi une obligation mutuelle de
tous les États signataires.
Mesdames, messieurs,
Un mouvement est né le 22 khordad de mon calendrier, le 12 juin de votre
calendrier. Il n'est ni islamique ni anti-islamique, il n'est ni favorable au
capitalisme ni au socialisme ou à toute autre idéologie ou forme de
gouvernement spécifique. Il ne se préoccupe guère des guéguerres historiques
qui se sont livrées avant sa naissance. Il oeuvre pour l'inviolabilité, voire
la souveraineté des suffrages électoraux. En se montrant garants de résultats
d'élection frauduleux, le dirigeant suprême de l'Iran et la Garde iranienne
ont épuisé toute autorité face au mouvement. Ils se sont dressés contre le
peuple, ne laissant aucun pont derrière eux. Le mouvement n'aboutira
peut-être pas immédiatement. Il connaîtra peut-être des hauts et des bas. Il
ne dominera pas les rues de suite. Mais il ne mourra pas.
L'esprit du mouvement envahira tous les foyers et tous les lieux de
travail, tant privés que publics, bloquant le bon fonctionnement du
gouvernement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'issue pour les tyrans et que
place soit faite pour la victoire des droits humains et de la démocratie en
Iran.
Mesdames, messieurs,
Si je me tiens face à vous aujourd'hui, c'est pour vous demander d'être
solidaires de mes compatriotes Iraniens dans leur lutte pour la liberté et la
justice.
Reza Pahlavi mène une campagne de non-obéissance pacifiste contre le
régime théocratique iranien. Pilote de chasse accompli, il est l'auteur de
trois ouvrages, en farsi, anglais et français, et père de trois filles.
Reza Pahlavi