La cote américaine, qui dévissait vendredi soir sur des statistiques économiques confirmant le
risque élevé de récession aux États-Unis, consolidait de nouveau ce lundi. La tendance restait donc hésitante, les derniers commentaires économiques du légendaire
investisseur Warren Buffett n'ayant pas rassuré les opérateurs. En l'absence de publications financières notables, les investisseurs prenaient
note ce jour d'une offre d'acquisition de 3 Mds$ d'
United Technologies... Après les statistiques du jour (ISM manufacturier et dépenses de construction US en fort recul), le
Nasdaq Composite (NASDAQ: actualité) perdait finalement 0,57% à 2.259 pts, tandis que le DJIA cédait 0,06% à 12.259 pts.
Selon l'Institute for Supply Management américain ce lundi, l'indice ISM manufacturier a chuté à 48,3% seulement sur le mois de février 2008, contre un niveau de 50,7% en janvier 2008. L'indice ressort donc inférieur à la barre des 50, limite entre expansion et contraction de l'activité. Autrement dit, les firmes manufacturières enregistrent majoritairement des contractions de leurs activités, selon le rapport. L'indice dépasse tout de même un consensus de place logé à 47,5%. L'indicateur des commandes nouvelles a chuté à 49,1 en février et celui de la production à 50,7.
D'après le Département au Commerce américain ce lundi, les dépenses US de construction ont chuté de 1,7% en janvier 2008, avec la construction résidentielle privée. Le consensus de place était logé à -0,7% en janvier.
Le baril de brut pour avril terminait la journée sur les 102$, après un sommet proche des 104$ sur le Nymex américain, sur fond de faiblesse accrue du dollar et de craintes liées à la production de l'OPEP. Le Département américain à l'Energie avait dévoilé mercredi son rapport hebdomadaire concernant les stocks pétroliers des Etats-Unis, pour la semaine close au 22 février. Les stocks commerciaux américains de brut, hors réserve pétrolière stratégique, avaient progressé cette fois de 3,2 millions de barils en comparaison de la précédente semaine, à 308,5 millions de barils. Les stocks d'essence avaient augmenté quant à eux de 2,3 millions de barils. Enfin, les stocks de distillats avaient affiché une nouvelle baisse de 2,5 millions de barils.
VALEURS DU JOUR
Ambac (-12%). Le rehausseur de crédit américain Ambac Financial, en fâcheuse posture suite à la crise financière, a annoncé vendredi soir qu'il allait réduire amplement son dividende, ramené à 1 cent par titre et par trimestre. Ambac prévoit également de suspendre ses activités dédiées à la finance structurée, soit ses opérations à risque. Ambac entend ainsi libérer du capital et préserver ses notations auprès des agences de rating. L'ancien dividende trimestriel se situait à 7 cents par titre. Michael Callen, dirigeant d'Ambac, s'est par ailleurs estimé heureux des commentaires de l'agence Moody's concernant la solidité de la position de capital de l'assureur obligataire, ajoutant qu'Ambac continue de travailler à augmenter ses ressources. Ambac suspendra six mois durant ses nouvelles activités de finance structurée, ce qui devrait libérer 600 M$ environ. D'autres gels d'opérations structurées sont aussi programmés, en ligne avec la stratégie du Groupe.
United Tech (NYSE: UTX - actualité) (-2%). Le Groupe industriel d'Hartford, Connecticut, United Technologies, a annoncé hier soir proposer l'acquisition de Diebold (NYSE: DBD - actualité) pour 40$ par titre en cash. La proposition généreuse d'United Tech représente une prime de 66% sur les cours antérieurs de Diebold. L'offre a été présentée au Conseil d'administration de Diebold Inc., et concerne l'acquisition de tous les titres du Groupe, pour une valeur totale d'entreprise de 3 Mds$. Selon George David, Chairman et CEO d'United Tech, la transaction crée une valeur significative et immédiate pour les actionnaires de Diebold, sans risque opérationnel, tout en créant de la valeur sur le long terme pour les actionnaires d'United (UNC.TO - actualité) . Le management d'United s'engage par ailleurs à travailler avec le Board de Diebold en vue d'un accord définitif rapide. Diebold est basé dans l'Ohio, et conçoit notamment les ATM, ainsi que des systèmes de sécurité. United Tech a rendu son offre non-sollicitée publique après avoir tenté deux années durant de négocier une fusion avec Diebold.
Berkshire Hathaway (-4%), firme d'Omaha, Nebraska, dirigée par Warren Buffett, a publié vendredi soir ses comptes trimestriels et annuels. Au 4ème trimestre fiscal, Berkshire a réalisé un bénéfice net de 2,95 Mds$, contre 3,58 Mds$ un an avant. Le bénéfice opérationnel trimestriel est ressorti à 2,35 Mds$, contre 2,87 Mds$ l'année précédente, à la même époque. Les gains sur investissements et dérivés ont totalisé 597 M$ sur le trimestre clos, contre 715 M$ l'année précédente. Sur l'exercice, le bénéfice net a été de 13,21 Mds$, contre 11,02 Mds$ en 2006. Les gains sur investissements et dérivés ont été de 3,58 Mds$, contre 1,71 Md$ en 2006. Le bénéfice opérationnel est ressorti à 9,63 Mds$, contre 9,31 Mds$ en 2006.
Berkshire. Warren Buffett, investisseur légendaire et dirigeant de Berkshire Hathaway, a livré quelques commentaires économiques très prudents dans une interview sur CNBC. Buffett juge que les États-Unis se trouvent bien actuellement dans une période de récession, mais l'oracle d'Omaha estime également peu probable l'hypothèse d'une contraction durable de l'activité. Buffett n'exclut pas totalement la possibilité d'un profond et durable ralentissement, mais veut donc relativiser face aux craintes actuelles. Prudent concernant les perspectives des assurances pour cette année, Buffett estime plus généralement que les marchés actions ne peuvent pas être considérés à bas prix, y compris après la purge des derniers mois. Enfin, Warren Buffett, qui avait précédemment proposé de garantir quelques 800 Mds$ de "municipal bonds" sans risques déjà assurés par MBIA, Ambac ou FGIC, précise que son offre antérieure n'est plus valable désormais.
E*Trade (+2%). Le Conseil d'administration du courtier discount new-yorkais E*Trade Financial a annoncé ce lundi l'élection du Chairman Donald H. Layton, 57 ans, aux fonctions de Chief executive officer. Une nomination qui prend effet immédiatement, selon le communiqué du Groupe. Layton, vétéran ayant passé 32 ans dans l'industrie des services financiers, avait été élu Chairman of the Board fin novembre 2007, après avoir été conseiller du Board durant les négociations ayant mené à l'infusion de cash de 2,5 Mds$ précédemment annoncée. R. Jarrett Lilien, "acting-CEO" depuis fin novembre 2007, reprendra les fonctions de Chief operating officer et restera administrateur du Groupe.