Mercredi 21 octobre, la publication des 'minutes' de la Banque d'Angleterre - le compte rendu de sa dernière réunion de politique monétaire - a provoqué quelques tensions sur le marché obligataire britannique et, par contagion, d'Europe continentale. En effet, dans ces 'minutes', figure le rappel que l'institut d'émission britannique devra sortir, tôt ou tard, de sa politique de taux zéro, ce qui relève pourtant de l'évidence. Prêter quasi gratuitement de l'argent aux banques ne se justifie que dans des situations exceptionnelles.
Ce qui a surpris les opérateurs - ont-ils expliqué à l'Agence France-Presse -, c'est que ce propos a été tenu par le gouverneur lui-même, Mervyn King, considéré jusqu'ici par les marchés comme un partisan du maintien des taux bas jusqu'à ce que la reprise soit bien assurée. C'est dire si les intervenants des marchés regardent de près les 'stratégies de sortie' des banques centrales : à quel rythme et selon quelles modalités vont-elles mettre fin aux politiques de très bas taux d'intérêt à court terme (les taux à long terme se fixant sur les marchés), ou aux conditions exceptionnelles de financement direct des banques ?
Car la question est très sensible. L'argent facile et pas cher fourni par les banques centrales, ces derniers mois, a été le carburant de la hausse des cours... à défaut de relancer le crédit bancaire. Et malgré les déficits publics massifs, les emprunts d'Etat ont pu se placer correctement sur le marché obligataire, sans que les taux d'intérêt ne montent au plafond.
Le financement des dettes publiques repose ainsi, aujourd'hui, sur une conjonction d'intérêts entre les Etats, les instituts d'émission et les banques, dont l'avenir est incertain.
Selon une note de Natixis du 28 octobre, 'si les gouvernements peuvent financer des déficits publics très importants à des taux d'intérêt faibles, c'est parce que des investisseurs acceptent d'acheter les titres publics correspondants à des taux d'intérêt faibles, c'est-à-dire parce qu'ils acceptent de prendre un risque de taux d'intérêt élevé (si les taux à long terme remontent, ces investisseurs feront une perte en capital importante)'.En lire plus sur LeMonde.fr
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