Suzuki Motor a multiplié sa prévision de bénéfice d'exploitation annuel par quatre pour intégrer la hausse de ses ventes en Inde, confirmant ainsi sa différence avec ses grands concurrents japonais, plus dépendants d'un marché américain en repli.
A l'image de son rival sud-coréen Hyundai Motor, Suzuki a largement bénéficié de l'évolution des préférences des consommateurs en faveur des petits modèles, grâce en partie aux mesures gouvernementales mises en place pour inciter à acheter des véhicules moins polluants.
La présence des deux constructeurs en Inde, dont l'économie s'est montrée plus résistante et où des mesures fiscales ont dopé la demande de voitures, leur a permis de mieux surmonter la crise que le reste du secteur.
Suzuki, quatrième constructeur japonais, a relevé sa prévision annuelle de bénéfice d'exploitation à 40 milliards de yens (300 millions d'euros) pour l'exercice au 31 mars 2010, contre 10 milliards de yens lors d'une précédente estimation.
La prévision de bénéfice net a été relevée à 15 milliards de yens, contre cinq milliards auparavant.
Le consensus des estimations d'analystes plaçait le bénéfice d'exploitation à 46,6 milliards de yens et le bénéfice net à 22,8 milliards de yens pour l'année.
Sur le trimestre juillet-septembre, le bénéfice d'exploitation trimestriel de Suzuki a baissé de 7,1% par rapport à l'année précédente, à 24,98 milliards de yens, sous l'effet d'une baisse des ventes à l'échelle mondiale et de l'appréciation du yen face au dollar.
BÉNÉFICE QUASIMENT DOUBLÉ EN INDE
Trois analystes interrogés dans le cadre de l'enquête Thomson Reuters I/B/E/S attendaient en moyenne deux fois moins, soit 12,45 milliards de yens.
Le bénéfice net trimestriel a progressé de 27% à 10,38 milliards de yens tandis que le chiffre d'affaires a diminué de 25% à 604,4 milliards de yens.
Maruti Suzuki India, la filiale indienne de Suzuki, a annoncé la semaine dernière que son bénéfice net trimestriel avait quasiment doublé, entre autres du fait d'une hausse des exportations vers l'Europe.
Osama Suzuki, président exécutif de Suzuki, a cependant déclaré que les perspectives d'évolution de la demande mondiale étaient incertaines, la fin de certains programmes gouvernementaux d'incitation à l'achat menaçant les ventes.
Il a précisé qu'il n'anticipait pas de reprise de l'économie mondiale dans le courant du deuxième semestre (octobre-mars), et ce malgré le dynamisme des marchés indiens et chinois.
Osama Suzki a par ailleurs démenti lundi une information selon laquelle Volkswagen s'apprêtait à acquérir une participation dans le constructeur japonais.
L'action Suzuki a perdu 3,5% au deuxième trimestre, sous-performant l'indice japonais du secteur des transports, qui est ressorti à l'équilibre.
L'action a clôturé en baisse de 2,9% à 2,170 yens lundi avant la publication des résultats.
Chang-Rang Kim, version française Sonia Manueco