Nicolas Sarkozy a réitéré sa demande aux partenaires sociaux : il faut renforcer l'indemnisation des salariés victimes de la crise. Devant le Congrès, le 22 juin, il avait souhaité que 'tous les licenciés économiques' puissent bénéficier de leur salaire et de formations pendant un an. Mercredi 1er juillet, il a confié aux syndicats et au patronat le soin 'd'étendre le contrat de transition professionnelle (CTP), voire de rapprocher la convention de reclassement personnalisé (CRP) du CTP'. Ces deux dispositifs de reconversion des salariés licenciés économiques sont réservés aux entreprises de moins de 1 000 salariés. Ceux qui en bénéficient ne sont pas comptabilisés dans la catégorie de référence des chômeurs retenue par Pôle emploi. Ce sont des stagiaires de la formation professionnelle.
Côté financement, M. Sarkozy veut solliciter les fonds du paritarisme, l'assurance-chômage et la formation professionnelle. Mais, précise-t-on à l'Elysée, l'Etat est prêt à prendre en charge une partie des surcoûts que représenterait l'extension de ces systèmes. Une façon de lever les réticences des partenaires sociaux qui, engagés dans une négociation sur 'les conséquences sociales de la crise économique' jugent l'idée 'généreuse' mais coûteuse.
'ÇA COÛTE TRÈS TRÈS CHER'
Or le régime d'assurance-chômage connaît une situation financière délicate, due notamment aux moindres rentrées de cotisation et aux dépenses supplémentaires liées à l'explosion du chômage. Le déficit devrait atteindre 1,3 milliard d'euros en 2009 et 4,6 milliards d'euros en 2010. Dans ce contexte, Le président (Medef) de l'Unedic, Geoffroy Roux de Bézieux, a manifesté ses réticences à une extension du CTP, jugeant l'idée 'inadaptée'. Selon lui, 'on ne peut étendre ça à tout le monde, parce que ça coûte très très cher'. Mieux vaut réserver ces dispositifs aux personnes dans les secteurs qui ne recrutent pas.
Selon le dernier bilan présenté par l'Elysée, le contrat de transition professionnelle a été étendu à 21 bassins d'emploi et doit l'être à 25 autres sur les quelque 365 existant en France. Fin juin, plus de 5 000 personnes en bénéficiaient. Il assure une rémunération à hauteur de 80 % du salaire brut pendant un an, soit la quasi-totalité du salaire net. Le bénéficiaire suit une formation, et est accompagné intensivement par le service de l'emploi. Selon le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, 'un demandeur d'emploi en CTP coûte 17 500 euros par an, soit 3 500 de plus qu'un chômeur classique' (interview aux Echos le 30 juin). Le budget prévu par le gouvernement dans la loi de finances pour 2009 est de 48,5 millions d'euros pour 10 000 bénéficiaires.
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