L'annonce officielle, jeudi, du retour à la croissance de l'économie américaine n'a pas suffi à apaiser les inquiétudes de Wall Street et, à ce titre, les investisseurs étudieront de près au cours des prochains jours les déclarations de la Réserve fédérale et les statistiques mensuelles de l'emploi.
Le communiqué de la Fed pourrait en effet préfigurer une réduction des mesures destinées à fournir le marché en liquidités. Parallèlement, les chiffres du marché du travail, qui suivront les indices ISM d'activité dans l'industrie et les services, donneront un premier aperçu de la conjoncture au quatrième trimestre.
Car les investisseurs craignent avant tout de voir les mesures de soutien monétaires et budgétaires à l'économie retirées prématurément, sans que la reprise soit solidement engagée.
"Si les pouvoirs publics se retirent trop tôt et arrêtent de dépenser (alors que) le consommateur ne dépense pas, on aura un gros problème", résume Anthony Conroy, responsable du trading chez BNY ConvergEx, filiale de Bank of New York.
La semaine écoulée s'est soldée par une baisse de 2,6% du Dow Jones, de 4% du Standard & Poor's 500 et de 5,1% du Nasdaq. Et le mois d'octobre marque la première performance négative de Wall Street après sept mois consécutifs de hausse.
"On a assisté à un rebond soutenu par les plans de relance", explique Fred Dickson, stratège marché de D.A. Davidson & Co. "L'opinion générale, aujourd'hui, c'est que l'économie va croître au quatrième trimestre, mais sans doute sur un rythme plus lent qu'au troisième."
Les marchés n'excluent pas que la Fed modifie légèrement ses commentaires sur la conjoncture dans le communiqué qu'elle publiera mercredi au terme de deux jours de réunion, ce qui pourrait ouvrir la voie à un relèvement des taux d'intérêt au second semestre de l'an prochain.
AUTOMOBILE ET IMMOBILIER À SURVEILLER
Une telle inflexion du discours de la banque centrale, éventuellement conjuguée à des indications sur une réduction des mesures d'injection de liquidités sur les marchés via les rachats d'emprunts, pourrait peser sur Wall Street.
"Si le discours consiste à laisser entendre qu'elle pourrait relever les taux un peu plus tôt qu'on le pensait alors, oui, je m'attends à ce que le marché vende la nouvelle", dit Thomas Wilson, directeur de l'investissement institutionnel et de la clientèle privée de Brinker Capital.
Sur le front de l'emploi, le nombre de postes supprimés devrait avoir diminué en octobre mais une mauvaise surprise n'est pas à exclure, comme le mois dernier, lorsque les statistiques avaient montré une hausse du taux de chômage à 9,8%, son plus haut niveau depuis 1983.
Ces deux grands rendez-vous vont probablement occulter les publications de résultats de sociétés, dont le nombre va diminuer, plus de 300 des 500 entreprises de l'indice S&P 500 ayant déjà présenté leurs comptes.
Le marché attend entre autres ceux de Ford lundi pour jauger de l'évolution du marché automobile, et ceux, prévus mercredi, de Pulte Homes, devenu cet été numéro un de la construction résidentielle aux Etats-Unis en fusionnant avec Centex.
Le chiffre des promesses de vente immobilières signées en septembre, lundi, devrait rester stable après un bond de 6,4% en août.
L'évolution du marché immobilier dépend notamment d'une possible prolongation du crédit d'impôt de 8.000 dollars accordé aux primo-accédants à la propriété, qui a soutenu l'activité ces derniers mois.
Cette mesure est censée expirer le 30 novembre mais les parlementaires envisagent de la prolonger quelques mois.
Version française Marc Angrand