(CercleFinance.com) - Très attendue, la décision est finalement tombée ce matin : le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions de croissance mondiale. En 2009, le PIB global devrait se contracter de 1,1% (contre - 1,4% précédemment), quand en 2010 sa croissance serait de 3,1% (contre 2,5% précédemment). Mais attention : la crise n'est pas finie, avertit le Fonds.
Le Fonds note que 'ce rebond [sera] principalement guidé par la Chine et l'Inde', qui l'an prochain devraient afficher des croissances de 9 et 6,4%. Par bloc, la région où les prévisions sont les plus massivement relevées est d'ailleurs celle des nouveaux pays industrialisés asiatiques : + 2,8 points à - 2,4% de croissance en 2009, et + 2,2 points en 2010 à 3,6%.
En Occident, le relèvement est bien plus modeste. Les Etats-Unis devraient connaître cette année une récession de - 2,7% (révisé de - 2,8%), et l'an prochain une croissance portée de 0,8 à 1,5%. Le PIB de la zone euro devrait se contracter de 4,2% cette année (contre - 4,8% précédemment), et croître de 0,3% en 2010 (contre - 0,3%). Durant ces deux années, le PIB allemand devrait varier respectivement de - 5,3% et de + 0,3%, et celui de la France de - 2,4% et + 0,9%.
Toutefois, la prudence reste de mise : 'restaurer la solidité du secteur financier et poursuivre le soutien des politiques macro-économiques demeurent des priorités', avertit le Fonds. 'La reprise devrait être lente, alors que les systèmes financiers demeurent affaiblis et que le soutien apporté par les politiques publiques devra graduellement être retiré. Là où des bulles sur les prix des actifs ont explosé, les ménages continueront à reconstruire leur épargne tout en luttant contre un chômage élevé', résume le document de présentation.
Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI, ajoute : 'la reprise a commencé. Les marchés financiers sont en train de se remettre.' Et aussi : 'Dans la plupart des pays, la croissance sera positive durant le reste de l'année [2009], de même qu'en 2010'. Mais attention : pour soutenir la reprise, prévient-il, 'la consommation privée et l'investissement devront être renforcés dans un contexte marqué par des dépenses publiques élevées et d'importants déficits fiscaux.'
Et Olivier Blanchard de conclure : 'les chiffres actuels ne doivent pas tromper les gouvernements en leur faisant croire que la crise est finie.'
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