"La récession globale touche à sa fin", estime le Fonds Monétaire International, dans son document de perspectives économiques rendu public ce matin. "L'économie globale semble croître à nouveau, soutenue par la solide performance des économies asiatiques et la stabilisation ou la modeste reprise ailleurs", selon la mise à jour d'octobre de ses "Perspectives Economiques Mondiales". Une reprise économique, oui, ajoute le Fonds, mais elle sera "faible par rapport aux standards historiques". Pire, le rebond économiques serait "restreint par le crédit" et "sans reprise de l'
emploi, du moins pour un moment".
Le FMI a révisé en hausse son scenario économique précédent, que beaucoup jugeaient très pessimiste. Pour 2009, les économistes du Fonds visent une contraction globale de l'activité de -1,1% (contre -1,4% précédemment), avant de tabler sur un rebond à 3,1% l'année prochaine (contre 2,5% auparavant). Les principales modifications proviennent d'une meilleure réactivité des grandes économies, notamment la France et l'Allemagne, mais aussi les Etats-Unis, du moins pour 2010. Sur la période 2010 / 2014, la croissance mondiale devrait ressortir en moyenne annuelle à 4%, soit en-dessous du niveau qui prévalait avant la crise (5%). "La restructuration de la finance et de l'entreprise continueront à exercer une pression considérable sur l'activité, et les vastes écarts de production contribueront à maintenir l'inflation à bas niveau. La demande sera grevée par le besoin de plusieurs économies avancées de reconstituer leur épargne", explique les rédacteurs de l'enquête tout en concédant que les risques négatifs sur l'économie se sont amoindris tout en restant un facteur de préoccupation.
Le FMI pointe également, sans surprise, le doigt sur le dilemme des autorités politiques et monétaires. D'un côté, il serait dangereux de sortir prématurément des schémas de soutien publics, avant que l'économie ne revienne sur de bons rails. De l'autre, l'état des finances publiques est tel que le problème ne peut être ignoré. Comme ce fut le cas au G20, le Fonds met aussi sur la table la nécessité de rééquilibrer la demande globale entre économies avancées et pays émergents, mais aussi de répondre à la hausse du chômage et au retour en arrière dans la lutte contre la pauvreté.
En terme de PIB, la France fait figure de bon élève dans le nouveau tableau d'estimations du FMI. L'organisation anticipe une contraction de -2,4% cette année (contre -3% lors de la précédente estimation) et une croissance de 0,9% en 2010 (contre +0,4% auparavant), soit la plus forte des grandes économies de la Zone Euro. L'organisation voit aussi une inflation faible (0,3% cette année, 1,1% l'année prochaine) mais redoute un chômage très élevé, évalué à 9,5% en 2009 puis à 10,3% en 2010. Des niveaux qui seraient cependant inférieurs à la moyenne européenne et proches d'autres grands acteurs tels que les Etats-Unis ou l'Allemagne. La bonne résistance relative de l'hexagone à la crise est à mettre au crédit d'un commerce moins ouvert et d'une taille supérieure à la moyenne du secteur public.