Le 'to be or not to be' d'Hamlet reflète cet aspect permanent du caractère anglais partagé entre déprime et espoir de renouveau. Dans cette nation de petits propriétaires, rien n'illustre mieux cette dualité shakespearienne que la situation du marché immobilier oscillant entre crise et reprise.
Qui croire ? D'un côté, l'agence de notation Fitch annonce une forte hausse du nombre de ménages en negative equity, c'est-à-dire que la valeur de marché de leur maison est inférieure au capital emprunté lors de l'achat du bien. De l'autre, le conseil des fournisseurs de crédit au logement affirme que le nombre de clients a bondi de 18 % en avril, comparé à mars, et même de 28 % sur un an par rapport à avril 2008.
A l'évidence, au Royaume-Uni, la crise de l'immobilier n'est plus à tous les étages. Si les prix du secteur résidentiel ont baissé de 20 % depuis le pic de l'automne 2007, l'heure est à la stabilisation. Les acheteurs potentiels ont repris le chemin des agences immobilières. La baisse drastique des taux d'intérêt, la volonté des banques d'améliorer leur image et l'aide gouvernementale ont fait chuter le nombre de mauvais payeurs et les saisies de leurs biens, souligne la Financial Services Authority, la tutelle de la City.
Les signes annonciateurs d'une éclaircie abondent. Les prix se sont affermis après une formidable décrue depuis un an. La faiblesse de la livre sterling a encouragé les achats par les étrangers, riches en dollars et en euros, de maisons et d'appartements haut de gamme dans le centre de Londres. 'Absents depuis des lustres, les banquiers sont de retour, privilégiant les meilleures adresses résidentielles, en particulier les maisons dotées de 3 chambres à coucher', insiste Liam Bailey, responsable de la recherche chez l'agent immobilier Knight Frank.
Totalement désertées il y a six mois, les propriétés de plus de 10 millions de livres (11,67 millions d'euros) ont à nouveau la cote malgré l'aggravation de la pression fiscale sur les grosses fortunes. Dernière illustration de cette embellie : le nombre de faillites de promoteurs immobiliers et d'entreprises de BTP est en recul sensible.
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