Fin de crise ou oeil du cyclone ? A en croire les agents immobiliers, la baisse des prix, amorcée au second semestre 2008, ralentirait déjà. Century 21 (40 000 ventes en 2008) a publié, le 1er juillet, sa note trimestrielle de conjoncture : le recul des prix se monte à 9,3 % sur un an mais à seulement 2,12 % entre le deuxième semestre 2008 et les six premiers mois de 2009. Pour Laforêt, les prix des logements, en France, auraient reculé de 6,1 % en 2008, et de 3,5 % depuis le 1er janvier 2009.
Après l'effondrement de 40 % du nombre de transactions au second semestre 2008, les acquéreurs semblent retrouver le chemin des agences : de janvier à juin 2009, les ventes ne seraient plus en retrait 'que' de 12 % à 15 %, selon Century 21, de 20 % selon Laforêt. 'Nous assistons au retournement du marché', affirme Laurent Vimont, directeur général de Century 21 France. 'Il est un peu tôt pour affirmer qu'il s'agit d'une durable embellie, même si les mois de février à juin ont vu un retour significatif des acheteurs', estime, plus prudent, Bernard de Crémiers, président et cofondateur du réseau Laforêt.
Deux clientèles animent le marché. D'une part, les primo-accédants avec de petits budgets (moins de 150 000 euros) sont favorisés par la baisse des taux et encouragés par le prêt à taux zéro, doublé pour l'achat d'un logement neuf : 220 000 contrats ont été distribués, depuis le 1er janvier, au bénéfice, à 70 %, de cadres moyens, ouvriers et employés de moins de 40 ans. D'autre part, les investisseurs dans un logement à louer reviennent, notamment dans le cadre du dispositif Scellier, où le fisc leur rembourse 25 % de leur achat neuf, en 9 ans. 'Nous espérons vendre 80 000 logements en 2009, dont les deux tiers à des bailleurs', prévoit Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs.
STOCKS DISPONIBLES
Les petits appartements résisteraient mieux à la crise. Selon Laforêt, sur le semestre, leurs prix seraient en retrait de 1,8 % (pour les studios) et 4,1 % (deux-pièces). A l'opposé, les appartements et maisons de plus de 300 000 euros peinent à trouver preneur. Les difficultés de revente d'un premier bien retardent voire empêchent l'achat d'un second. Or le 'ventre' du marché immobilier est constitué, à 40 %, de ces vendeurs-acquéreurs, encore bloqués dans leurs projets. Le délai de vente moyen ne cesse, d'ailleurs, de s'allonger : il atteint désormais 101 jours, contre 88 en 2008 et 64 jours en 2004.
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